orage, ô désespoir !
oui il y a eu de l'orage, non pas dans le ciel, mais chez nous. Je le savais : il n'y avait que du vide alors j'ai rempli, j'ai rempli de mes mauvais mots, de mon désarroi. Il a bien bossé hier : pelouse, et brulage d'herbe. Moi, je me suis éparpillée : un peu de compta, un peu de ménage, pas d'entrain. Et on s'est pris la tête justement pour tout ce qui traîne à faire dans la maison. J'ai besoin de lui pour ça et il aimerait que je prenne quelqu'un de l'extérieur en chèque emploi service. Non, je ne veux pas. Il faut qu'on décide ensemble comment on range, ce qu'on jette, ce qu'on garde. Il a prétexté avoir trop de travail, trop d'occupation. Oui c'est vrai : un projet en attire un autre. Il a toujours des projets mais que professionnels jamais privés. Tout ce qui est privé, je dois le booster. Alors j'ai forcément dit des mots pas gentils. De toute façon, je le savais, je sentais du vide à l'intérieur, la colère montait. On a regardé le film qui n'était pas marrant, marrant mais qui était beau. En plus, il n'était pas en forme, gastro en vue, et là, il est parti accompagner notre fils au foot. Alors là, j'ai déjeuné toute seule : le comble. Tu parles d'un dimanche, il m'a conseillé d'aller marcher, oui je vais aller marcher. Tant pis pour tout ce qui n'est pas fait. Il faut que je m'aère le corps et l'esprit. Je vais aller en forêt, il fait beau. Et ce téléphone qui ne sonne pas, j'aurais tant besoin d'amies pour me remonter le moral. Je crois que je les fais chier avec mon moral en dents de scie. Mon homme m'a dit que je devrais être bien, on a fait un beau voyage, on ne peut pas que voyager, il faut aussi travailler. Tiens les amis qui étaient avec nous au voyage, ils sont dans leur projet de vacances d'été, je leur ai donné une adresse de chambre d'hôte où on était allé il y a pas mal d'années en septembre du côté de Sarlat. Ils sont tous les deux ouvriers. Il me dit que nous on ne peut pas penser qu'aux vacances, le souvenir des dernières doit me faire tenir le coup. C'est vrai que c'était magique. Je suis trop gourmande. Je veux que ma vie soit toujours agréable et jolie et ça n'existe pas. Putain, je suis mal. Je vais marcher. S'il vous plait, écrivez moi un petit mot, çà me ferait tant de bien. Juste pour me faire sourire un peu.