maudite journée
Tout allait pour le mieux ces jours ci. Hélas, je sais que je fonctionne avec les hauts et les bas. Et il en faut si peu pour retomber dans un creux. Comme si j'en avais besoin. Hier soir, j'étais un peu agacée et ma fille était là, on se prend la tête pour un oubli qu'elle faisait. En fait, elle a très peu de mémoire et ça a le don de m'énerver. Sauf que j'aurais du rester calme et là, j'ai fait une réflexion, ce qui l'a énervé à son tour et elle m'a balancé des trucs.... genre que je joue toujours la victime. Finalement, elle est partie à ses cours, mon homme était au boulot, je me sentais mal. Je me suis couchée assez tôt, pensant qu'une bonne nuit suffirait à remettre tout dans l'ordre. Non, ce matin, j'avais le coeur en morceaux, la tête pleine de larmes, je n'étais pas bien. Je me suis trainée, j'ai fait la cuisine car nous étions 4 à déjeuner. Elle, toute guillerette, donnait l'impression d'avoir tourné la page. Elle préparait une petite fête pour ce soir avec quelques amis. Je l'ai aidé à faire quelques trucs. Elle ne m'a pas reparlé d'hier soir. Je n'avais pas du tout envie de parler. Elle m'a transmis l'invitation de ma b-s- pour les accompagner à une expo cet après midi. Non, j'ai rappelé ma b-s- pour dire que je voulais me reposer. Elle m'a dit que ça s'entendait dans ma voix que je n'étais pas bien. Je n'ai pas donné d'explication. Je me suis couchée tout l'après midi, même pas dormi, j'étais à demi-consciente, juste pour reposer mon corps qui n'en pouvait plus. Puis mon fils est arrivé, il voulait que je la raccompagne en voiture au village car il fera la fête toute la nuit. Je me suis vraiment poussé, j'avais peur de rencontrer des gens, il est descendu bien avant la salle, dès qu'il a vu ses copains. J'avais mes lunettes de soleil. J'ai vu plein de gens qui se promenaient en famille. Ils avaient l'air bien. Moi, j'étais d'une lourdeur. Encore une fois, je me suis fait rattrapée. Cà part de rien et ça gâche tout. Lundi prochain, je vais voir mon thérapeute, je n'ai pas fait ses excercices, je devais porter le plus souvent du rouge. J'avais pensé acheter quelques trucs car je n'avais pas grand chose à mettre de cette couleur. J'ai mis du fuschia, on n'est pas loin. Cet excercice ne me semblait pas difficile. En plus de cette phobie sociale, je suis d'une exigence envers les autres et envers moi même qui me met en enfer. Mon homme et mes deux plus jeunes enfants ont très peu de mémoire, enfin disons qu'ils en ont pour certaines choses, et pas comme moi. J'ai du mal à supporter. J'en demande trop. Je n'arrive pas être tout simplement heureuse. Putain, que c'est con. Je me suis gâchée cette belle journée de saison. Il fait meilleur. J'avais pensé aller voir ma mère. Ce sera une autre fois. Il faut que je sorte la tête de l'eau. Mais je me sens engluée dans mes tourments. Un état que je connais bien, peut être que j'aime ça. Non bien sur que je n'aime pas ça, mais j'ai l'impression d'avoir connu très tôt cet état et c'est souvent qu'il revient. J'ai la tête lourde, le corps lourd, le coeur serré. Pourvu que ça passe vite.
Celor, je sais bien que je ne manque de rien, et que par rapport à beaucoup, je devrais me taire mais ça ne suffit pas de manquer de rien. Encore faut il s'apprivoiser. Oui j'ai de la chance de vous avoir rencontrer virtuellement. Vous m'aidez à votre manière : Madame T qui m'embrasse régulièrement et m'offre un café, Jeanne qui respire la joie de vivre, et tous les autres que je ne peux nommer, qui laissent un mot de temps à autre. Cà n'a l'air de rien mais si vous saviez comme ça me fait du bien. C'est ce fichu moral qui est malade. J'aurais pu aussi m'occuper des fleurs. Non, je n'ai rien fait de cette journée. Elle est maudite.