hier soir.
Je n'avais pas écrit depuis quelques jours car tout se passait au mieux pour moi. Il y a eu la réunion de l'association des anxieux où j'avais pu m'exprimer et dédramatiser concernant le lendemain même, c'est à dire samedi dernier, j'avais une soirée de prévue qui m'inquiétait. Du coup, j'avais assez bien géré : l'apéritif était chez la personne qui nous avait fait profiter de cette soirée, ensuite nous avons regagné la salle, j'ai eu un peu de stress le temps d'avant l'installation aux tables, puis une fois assise, je me suis laissé aller : manger et écouter le chanteur. Les gens autour de nous étaient charmants, l'ambiance conviviale. Je n'avais rien à faire, c'était cool. J'étais contente. Puis les jours suivants, j'ai eu de bonnes nouvelles : les affaires reprennent un peu au niveau vente, j'ai eu quelques visites de personnes que je considère un peu comme des anges gardiens, car ce sont de "bonnes personnes" avec une belle âme, avec lesquelles je peux discuter sincèrement, ça m'avait fait du bien. J'avais l'impression d'être sortie du trou pour de bon. Et puis il y a eu hier soir : l'asso dont je fais partie sur le plan communal devait être présente au concours de belote organisé pour le téléthon, nous assurions le bar. L'an dernier, c'est mon homme qui était allé à ma place car j'avais une migraine (certainement programmée, la migraine !), cette année, je me suis dit que je ne pouvais pas toujours envoyer les autres à ma place, je me suis crue assez forte. Je n'y ai pas trop pensé dans la journée ou alors plutôt positivement en me disant que de toute façon, il ne pouvait rien m'arriver, qu'est ce que je risquais, rien de rien ! Mais je l'ai mal vécu et ce matin je suis déçue. Nous étions donc plusieurs bénévoles à servir boissons chaudes, et autres bricoles. Entre les jeux, il y avait affluence et c'est là que ça a été difficile. Retenir les commandes, rendre la monnaie, faire la causette. Alors que mes collègues étaient souriantes, je me demande bien quelle tête j'avais. D'ailleurs, j'ai remarqué que les gens s'adressaient plus à elles qu'à moi. Cela fait 30 ans que j'habite ici, et je ne me sens toujours pas intégrée. Hier soir, je me suis fait appelée "madame" alors qu'on appelait mes collègues par leurs prénoms. Bon Dieu, pourquoi tout ça, je n'ai rien fait pour ça. D'autres avaient l'air surpris de me voir là parce qu'on m'a peut être mis une étiquette genre "asociale" et le fait que je sois là d'un coup, ça leur a fait bizarre. Le stress me faisait perdre les pédales : je ne sais pas si j'ai toujours bien rendu la monnaie tant je ne sais plus compter parfois. Et pourtant j'ai parlé de mon stress à deux de mes collègues, mais elles n'ont pas l'air de bien comprendre, elles ne prolongent pas la conversation. J'ai juste dit que c'était dur pour moi d'être là, que ça me stressait. Et là rien de plus. Si je leur avais annoncé que j'avais une grave maladie, je suppose qu'elles auraient réagi autrement. Mais le stress à cette échelle, ça n'intéresse personne. Comme ma belle mère m'a dit récemment, ne te rends pas malade pour ça ! Ah, oui, je savais pas qu'on pouvait choisir : tiens là je peux être malade, là non je choisis de ne pas être malade. Bordel, les gens sont méchants. On leur dit ce qui ne va pas et ils jouent au médecin : non là tu n'as pas à te rendre malade.
Ce soir, on fait la marche nocturne avec un petit groupe mais là je connais bien le groupe, ça devrait aller. Mais quand même, je me suis bien fait cassée hier soir. Et c'est très mal. Car avant j'étais dans une belle énergie et il suffit de peu pour tout remettre en cause.
Je vois mon thérapeute mardi, heureusement, car il y aura matière à travailler. Je sens que nous allons décortiquer cette soirée en voyant tous les aspects, toutes mes interprétations qui sont surement fausses. Mais le regard, le regard des gens, il est bien celui que j'ai vu, il est parfois cruel !