Le film
Je viens de voir ce film "l'adversaire" cet homme qui ment à tout le monde, qui supprime sa famille, qui est tellement mal. Quand on est si mal, peut on faire n'importe quoi ? Cà me fait peur. Demain, il vient me voir parce que je lui ai suggéré, on va parler de l'asso, si je reste, si je pars, j'en fais vraiment une affaire d'état, c'est comme si ma vie se jouait là. Personne ne prend de mes nouvelles, à part lui. J'ai l'impression que c'est une sacrée décision : être capable de surmonter cela et continuer, me surpasser ou abdiquer et être enfin tranquille, en acceptant les conséquences, plus de contact. Il me restera la famille, les quelques amis que je vois de temps en temps, les relations de travail (peu), les gens de l'écriture. Peut on vivre sans voir beaucoup de monde ? Je voudrais croire que oui. Je culpabilise à cette pensée. Comme si c'était obligatoire d'être très entourée. Parce qu'aujourd'hui, c'est ce qu'on voit partout, des groupes, des amis, des soirées. Mais est ce obligatoire ? Je veux une réponse là, tout de suite. Pourquoi j'ai ça dans la tête ? Pourquoi ? Parce que mes parents étaient seuls, et que j'ai peur de faire comme eux. Cà ne me lâchera jamais cette vie. Et si je décide d'arrêter, que pourra t il m'arriver ? N'être utile que chez moi. J'ai cru étant jeune que j'avais de l'ambition, je vois bien aujourd'hui que non. Mes peurs et mes doutes sont plus forts que moi. Vais je tomber le masque devant lui demain ? Je peux soit tout dire, comme je suis, soit en dire le moins possible, juste dire que j'en ai marre. Et si je lui dis tout, peut il comprendre ? C'est incompréhensible pour la plupart des humains sans problème. Que la peur des autres nous hante à ce point, comment comprendre ça. Et parfois, délivrée, je ne le ressens plus du tout, en toute confiance, par quel bonheur, cela m'arrive. Puis la bataille reprend. C'est ce que je vis en ce moment. On verra demain. J'ai très envie de tout lui dire, ce sera surement la première fois que je parle comme ça à quelqu'un que je connais peu. Aurais je le courage ? Lui dire que j'aime ce que je fais, que j'en suis fière, mais que j'ai peur des parents, des gosses quand on est en situation. Que j'ai peur des autres bénévoles, qu'ils voient mes faiblesses, moi qui rêvait être forte. Moi qui rêvait être quelqu'un d'autre.
