la nuit
J'ouvre les yeux, c'est le matin, c'est donc fini. Pourtant c'était magique, enfin le calme, la chaleur, la douceur, le moelleux, l'heureux, le vide, la deconnexion. Mais la vie ce n'est pas ça pourtant ? Ce n'est pas le noir, la nuit ?
La nuit, je me sens plus à l'abri que le jour. Et ça me va bien. Plus d'agression possible, plus de pensée, sauf les rêves, mais les rêves ce n'est pas réel. Alors que le jour, tout ce qui se passe est bien réel. Et en ce moment, je suis sensible à tout : les mots des autres, les actions des autres, les jugements des autres, ce que les autres ne disent pas, ou ce que les autres ne font pas. Je voudrais bannir ces mots : "les autres". Pourquoi, sans qu'ils le sachent, me font il tant souffrir ?
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Hier soir, chez moi, une réunion de produits : c'est rare car je suis plutôt contre ce genre de choses. Mais là je fais une impasse, et tous les 3 mois avec quelques voisines nous nous retrouvons autour de l'hotesse et de ses produits d'entretien. C'est plus pour la convivialité que pour les produits mais bon. A la fin de la réunion, quand les voisines sont parties, je discute avec l'hotesse, et lui dis que je serais incapable de faire cette activité. Et là nous discutons de son parcours : timide maladive dans l'enfance et l'adolescence, voire après, elle a progressé grâce à ses efforts, elle a travaillé dans les assurances où elle a reçu des formations qui l'ont beaucoup aidée, puis elle a quitté, elle travaille avec son mari en exploitation agricole et a choisi aussi cette activité, pas pour l'argent me dit elle, mais pour le contact et pour continuer d'avancer. Elle me scotche. Elle me parle de ce qu'elle entend sur elle parfois encore "tu te souviens comme tu étais timide".... "ben dis donc t'as drolement changé". Cà elle n'aime pas. S'entendre dire ce qu'on a tant détesté de soi. C'est le couteau dans la plaie. Et moi je lui ai dit aussi vite fait mon parcours, et que j'ai plus ou moins baissé les bras. Elle a fait un beau parcours professionnel, pas moi. J'ai manqué de volonté. Et je me déçois.