un rien et ça déraille !
Juste pour dire, je devais aller à la gym ce soir, c'est le MERCREDI SOIR, je le sais, et bien je n'y suis pas allée. J'ai besoin de temps pour me préparer. Il y avait des ouvriers à la maison. Je devais me changer. Je n'ai pas réussi à aller chercher mes vêtements pour ça à temps. Dans ma tête, j'y allais, j'y allais plus, j'y allais, j'y allais plus. Je trouvais plus simple de ne pas y aller comme ça je n'arriverais pas en retard, puis après je regrettais, alors mon cerveau me disait d'y aller, mais ma montre me disait que c'était trop tard. J'ai perdu un temps fou à penser. Et résultat, je regrette déjà, sachant le bien que ça me fait à mon corps et à ma tête. Mais il faut que je me mette en condition. Je ne peux pas être bousculée. En ce moment, il y a donc des ouvriers à travailler chez moi, il y a aussi ma fille qui séjourne quand elle n'est pas en stage, il y a un stagiaire, un rien peut faire tout chavirer. Mon cerveau a besoin de calme, de repères, de temps. Il n'est pas simple.
Je lis en ce moment "la peur des autres" de Christophe André. Tout ce qui est écrit me parle de moi. Je me retrouve presque à chaque phrase. Je suis conditionnée par le regard des autres dès que je fais une action parmi les autres. Même une simple action. Arriver quelque part. Me servir. Avoir quelque chose à dire. Me déplacer. Je sais que d'autres personnes souffrent aussi et je me sens moins seule. Souvent, je porte un masque et personne ne peut deviner comment c'est à l'intérieur de moi. Je suis "quelqu'un d'autre" pour un moment.
En plus, ce soir, il n'y a pas grand chose qui marche à la maison. Des fils partout, ma chambre en total bazar, pas de télé, rien que la cheminée. Je vais lire.