11 novembre 2014

difficile

Je reviens de voir ma mère. J'ai besoin d'écrire. Je pourrais écrire ailleurs, n'importe où, sur un bout de papier, juste pour moi, mais non, c'est ici. Parce que d'autres sont passés par là, parce que d'autres passeront par là. C'est difficile de voir ses parents dans cet état. J'ai de plus en plus de mal. Elle était agitée aujourd'hui, pas une minute d'arrêt, de la violence dans la voix, dans les gestes, taper sur le fauteuil. Un bras qu'elle a écorché. Pas moyen de la calmer. Je la trouve peu couverte, j'en parle à M. l'aide soignante, et je lui parle aussi du bras. Je lui coupe les ongles de la main gauche, celle qui a gratté. Ces mots sont presque tous incompréhensibles, elle crie fort. Je ne sais pas si elle souffre. Elle a le visage marqué, un oeil rouge. J'essaie de savoir si elle me reconnait, mais rien, aucune réponse qui pourrait le dire. Apparemment, par un sms de ma soeur, elle a reconnu hier sa belle soeur, elle a murmuré son prénom. J'aimerais qu'elle murmure le mien. Rien. Je suis restée une heure. Et me voilà revenue chez moi. Pensez vous qu'on peut avoir le moral après ça ? non, je suis triste, mais là je sais pourquoi. Je retournerai jeudi. Combien de temps cela va t il durer ?

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09 novembre 2014

du mouvement

Vendredi, remplacer quelqu'un (certains diraient servir de bouche trou, beaucoup autour de moi n'aiment pas ça, trouvent à dire), j'ai sauté sur l'occasion, et je n'ai pas vu de mal, au contraire j'ai été choisie pour remplacer quelqu'un pour aller voir l'opérette. Bon, l'opérette en soi, j'ai pas trop aimé, mais c'était comme un exercice. Me laisser surprendre par une invitation de dernière minute. Oui, c'était un exercice. La salle était mi-pleine. Dommage pour la troupe. J'ai proposé aux deux dames de les emmener avec ma voiture. Nous étions très joyeuses de partir ensemble. J'ai compris qu'elles faisaient souvent des sorties ensemble. Peut être penseront elles à moi d'autres fois ? L'une est célibataire, l'autre veuve, elles sont plus âgées que moi ets habitent dans mon quartier.

Hier, nous étions à un anniversaire. Elle, je la connais par les ateliers d'écriture. Elle est beaucoup plus jeune que moi. Elle m'a adressé la proposition de me joindre au groupe pour fêter son anniversaire, pas un anniversaire à chiffre rond, un anniversaire comme un autre pour lequel elle avait envie de rassembler. Cà se passait dans un restau. Elle, offrant l'apéro, puis nous prenions le repas ou pas à notre charge. Je crois que presque tous s'étaient inscrits pour le repas. J'avais hésité à répondre, ne connaissant que les parents de C. Nous étions une trentaine. Il a fallu aller vers les autres plus ou moins, j'étais assez stressée au début, et puis je me suis laissée porter. L'apéro, c'est quand même toujours trop long. Mes jambes n'en pouvaient plus. Nous avons réussi à échanger. Parfois on tombe sur d'étranges personnages dont celui à la chemise à carreaux qui est entré dans un monologue interminable, nous vantant ses meilleurs coups, ses voyages et n'écoutant pas du tout ce qu'on tentait de dire. C'est ennuyeux.

Aujourd'hui, ce sera repas partagé chez une amie, là nous connaissons tout le monde. Ce sera plus simple et je pense que ce sera bon enfant.

Lundi et mardi, repos.

Finalement, nous sortons, c'est le principal. Je m'active à cela.

Trop d'années, j'ai laissé couler. Je me plaignais. Je me laissais envahir par cette phobie, n'en parlant à personne. J'esquivais les quelques invitations. Ou bien j'étais malade. Je n'avais pas l'impression d'en souffrir. Je trouvais sans doute que c'était plus simple que d'affronter. Et les invitations n'étaient déjà pas si nombreuses, et puis de moins en moins nombreuses.

On peut réactiver sa vie sociale, il suffit de provoquer. Il faut faire les efforts nécessaires.

Je ne considère pas ma phobie sociale comme une maladie parce que je ne reste pas entre mes 4 murs. Je pense qu'il y a des gens qui vivent cela. Non, pour moi, c'est un handicap, une lutte, mais j'y arrive. Sans doute, la plupart du temps, ça ne se voit pas. Je peux être même très sociable si je me sens bien dans le groupe. Tout se passe au niveau des pensées, de la préparation.

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07 novembre 2014

allez allez !

Ne pas se laisser aller.

Laisser un message sur un répondeur. Entendre la voix de l'appelée qui me rappelle.

Envoyer un sms pour dire qu'on aimerait sortir. Recevoir un sms qui dit qu'elle est d'accord et qui trouve une date.

Recevoir une proposition pour sortir ce soir alors que ce n'était pas prévu, quelqu'un ne peut pas aller au spectacle prévu, la remplacer.

Appeler quelqu'un pour prévoir aussi une marche.

Appeler quelqu'un pour se faire aider.

Se servir de plus en plus des sms.

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06 novembre 2014

phobie sociale (article de wikipedia)

La phobie sociale, ou anxiété sociale (DSM-IV 300.23), est un trouble de l'anxiété caractérisé par une crainte (appréhension, inconfort émotionnel ou inquiétude) persistante et intense[1] causant une détresse considérable et une capacité diminuée de quelques fonctions dans la vie quotidienne. Elle est causée par la crainte, pour un individu, de se trouver face à une situation sociale durant laquelle il s'expose à une interaction avec d'autres individus. Ces gens ont peur de l'embarras ainsi que la peur d'être détesté par les autres[2].

Les personnes affectées par cette pathologie savent que leurs craintes sont irrationnelles. Pourtant, elles appréhendent énormément les situations dans lesquelles elles sont confrontées au regard des autres. Ainsi elles font tout pour les éviter. Lorsqu'elles sont dans les situations redoutées, les personnes atteintes de phobie sociale ont tendance à croire qu'elles sont jugées négativement. Celles-ci craignent d'être vues comme anxieuses, stressées, bizarres, distantes, folles ou stupides. De facto, elles s'isolent.

 

 

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05 novembre 2014

Avant d'aller dormir .....

Je me rends compte qu'en ce moment, c'est le soir que je préfère. Nous dinons tous les deux d'un potage et souvent des restes du frigo, et puis c'est canapé-télé, et donc ça c'est douceur-bonheur car je suis calme. Plus de téléphone, plus personne. Je viens de regarder des racines et des l, j'ai voyagé sans bouger, j'ai vu la Bretagne dans toute sa splendeur, je n'ai pensé à rien d'autre.

L'été, on regarde moins la télé, car il y a à faire dehors, et c'est agréable d'être dehors à la fraîche. Maintenant, nous hibernons. Il a encore beaucoup de travail, à cette heure, il est reparti surveiller, mais je suis sereine chez moi, protégée.

Il est important que je me sente protégée.

En fin d'après midi, je suis allée à la gym, cela faisait 2 semaines que je n'y étais pas retournée. J'y vais avec une voisine. Avec les autres personnes, je n'échange presque pas, c'est comme ça, ou alors si je le veux, il me faut faire de grands efforts, les autres ne viennent pas vers moi ou si peu. Pourquoi ? et la prof, avant je la cotoyais beaucoup parce que j'étais trésorière, et que nous avions à voir des choses, maintenant une autre m'a remplacée, c'est normal, c'est donc vers elle qu'elle se tourne, normal, je croyais à une amitié, normal, ce n'étais sans doute que du business, pas normal.

Les relations, c'est du business ?

Sur cela, je vais rejoindre mon lit que j'adore, car le matelas est trop confortable. Dormez bien. Se chouchouter, je crois qu'il n'y a que ça de vrai.

 

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souvenir

J'allais souvent au jardin de ma tante, dans la commune voisine. C'était le jardin hérité de la belle famille de ma tante, il y avait aussi une maison. Dans la maison, vivaient des locataires. Je ne sais pas ce que nous étions à faire dans ce jardin, c'était sans doute l'été, et chez les locataires, il y avait une fille en vacances, je ne me souviens pas de grand chose de plus, je crois juste qu'elle s'appelait Anne et qu'elle habitait au Havre. Le Havre ? je crois bien que je n'avais jamais entendu parler de cette ville jusqu'à ce jour. Je ne comprenais pas bien que cette petite fille ait fait tant de chemin pour venir en vacances ici. Je ne l'ai donc vu qu'une fois et je ne l'ai pas oublié quoique je ne me souviens pas de son visage. J'avais du passer un moment à jouer avec elle, j'aimais bien les nouvelles rencontres, ce n'était pas fréquent, j'avais du être très intimidée au départ. Cela faisait partie des surprises de la vie. Sans doute, Anne vit quelque part, ou bien ne vit plus.

Ces gens qu'on ne voit qu'une seule fois et qu'on n'oublie pas, c'est curieux.

Plus tard, pendant des vacances, nous avons aussi croisé des gens intéressants qu'on aurait aimé revoir mais qu'on ne revoit pas, à cause de la distance et puis la demande n'est pas toujours réciproque. J'entends souvent dire ceux qui rentrent de voyage : ils avaient noué contact pendant le voyage et puis à la fin ne se sont même pas échangé les coordonnées.... ça me fait toujours un peu rager.

 

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03 novembre 2014

inadaptée

Il faudrait qu'il se passe quelque chose. J'ai eu envie d'appeler des gens ce matin. Mais à la seule question, ça va ? que pourrais je répondre ? un mensonge bien sur. Hier soir, des amis sont passés, et j'avais hâte qu'ils partent. Ils étaient dans leur monde, dans leur vie, ne me regardant pas, ne voyant pas mon coeur, blaguant de souvenir blessant dont je ne parlerai pas, parce que ça n'a pas de sens, parce que 35 ans après, il y a encore cette écorchure due à mon manque de confiance. Je sais profondément que c'est ridicule et débile mais c'est comme ça. J'ai passé une très mauvaise nuit.

Est ce que c'est la saison qui m'entraîne vers le gris ? peut être.

Je pourrais téléphoner c'est vrai mais déverser sa peine, ça n'a pas de sens.

Je voudrais hiberner, m'enfuir, j'y pense.

Je pourrais choisir d'écrire sur ce qui va bien, et non le contraire. Les mots m'entrainent toujours vers ma mélancolie régulière.

Reprendre une thérapie ? reprendre des medocs ?  

Il me manque du lien, du vrai, je me sens loin de tout.

 

 

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02 novembre 2014

Constat

J'ai une soeur.

Maman n'avait que des frères, papa n'avait que des soeurs.

J'ai un fils, une fille, un fils.

Ma fille vit avec quelqu'un qui n'a que des soeurs. Mon jeune vit avec quelqu'un qui n'a que des soeurs.

Mon mari n'a que des soeurs.

Pourquoi regarder tout ça ? problème avec les femmes ? toutes des chieuses ? non.....

Mon père a souffert avec ses soeurs, il était le dernier de la famille, elles étaient bien spéciales.

Mon mari a souffert avec ses soeurs "jeunes filles trop bien rangées" et lui là dedans qui ne s'y retrouve pas.

Je n'ai pas beaucoup d'amies. Peut être parce que ma mère n'en avait pas non plus. Enfin, je pense qu'elle en avait avant de se marier, et puis après ..... niet.

Je peux pas dire que je n'en ai pas, mais bon, ce ne sont pas les vraies grandes "meilleures amies du monde". Enfin est ce que ça existe ? dites le moi.

Cà parle chiffons, cuisine, enfants, tout le temps ..... Je voudrais parler poésie, oui il y en a qui aime ça, mais pas chez moi, ni autour de moi, ou parler d'autre chose.....

Cà parle boulot, que puis je dire, moi, je travaille chez moi, à mon compte... je n'ai pas (ou si peu) de collègues. J'ai des clients et des fournisseurs. J'ai des comptables, de l'administration en veux tu, en voilà ..... Je n'ai pas les dernières cocasseries des filles de l'usine ou du bureau....

Bref, avec elles, je préfère être seule, et sans elles, je préfère qu'elles soient là.......

Ma fille n'a pas toujours eu la vie facile aussi avec les filles.

Est ce un gène chez nous ?

Quand je les vois en bande organisée, en longue promenade familiale, en procession, en magasinières, en sortie d'école, en réunion "tupeuvoir", elles ont l'air d' "ETRE" et moi je ne SUIS pas.

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les jours se suivent ....

En fin d'après midi, je me suis dit que ça me changeraitd'aller voir ma mère, et j'ai envoyé un sms pour savoir si elle était déjà allée. Non, elle m'avait laissé la place.

J'y suis allée. J'ai eu de la chance. Ma mère n'était pas trop mal. Quand je suis arrivée, elle était dans le noir, personne ne lui avait mis ni la lumière, ni la télé. Je l'ai emmenée se promener dans les couloirs. Ce n'est pas une super promenade, mais je me dis qu'au moins elle a d'autres sensations. Puis j'ai mis la télé, et je lui prends les mains, je lui caresse, je lui masse. Elle était calme et plutôt sereine, j'ai eu quelques sourires et quelques paroles compréhensibles. J'ai eu de la chance.

Avant de partir j'avais réussi à ranger ma salle à manger, il y avait de la paperasse qui trainait partout. Le meuble bas est parti chez celle qui va le relooker. Avant, j'aurais pensé le faire toute seule. Je n'ai plus confiance en moi pour ça. Je ne veux pas qu'il soit raté. La semaine dernière, je l'avais tout débarrassé, tout ce tas de vaisselle que j'ai logé dans l'armoire, celle qui est là pour l'instant, et qui sera remplacée bientôt par une moins grande, mais toujours ancienne. Finalement je ne peux me passer de vieux meubles.

Hier soir j'ai regardé "échappées belles" sur la Réunion et Maurice. Ah la Réunion, ce voyage de 2009 qui est resté comme une lumière dans ma vie, comment j'ai fait pour faire 12 h d'avion, je m'en sens incapable aujourd'hui, et puis ces gens, ces paysages, cette sensation d'extraordinaire .......    

Finalement je ne me suis pas occupée de mes fleurs. Ce sera sans doute pour aujourd'hui, il faut que je me motive.

Lui est très occupé à gérer le séchoir, c'est le grand moment de l'année, pas de dimanche, pas de jour férié...... quand ça tourne, ça tourne, c'est comme ça, je le dis, mais je l'accepte mal, parce que je vois tous ceux qui se promènent. Mon téléphone n'a pas sonné du week end, personne n'a pensé que je pouvais me sentir un peu seule.

C'est sans doute ce que connaissent beaucoup de personnes seules, vraiment seules, les célibataires, les veufs, les divorcés, se sont il habitués ?

Mais on peut être en couple et avoir ce genre de moment à cause du travail.

Le monde est égoïste. C'est juste un constat, pas un jugement, car moi aussi je suis sans doute égoïste quand je vais bien et que je ne pense pas forcément aux autres.         

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01 novembre 2014

en ce jour !

On a l'habitude de dire, quand le temps est moche, c'est un temps de Toussaint. Cette année, ça ne se vérifie pas. Il fait doux. J'ai eu trop chaud cette nuit, j'ai mal dormi. Après les réunions, ce n'est pas toujours facile de s'endormir. Cà remue des choses. On est d'accord avec plein de choses dites, et puis parfois, ça vous titille un peu.

Je me suis vue coupable hier soir de réagir comme je le fais, dans mon problème de famille. Savoir respecter, se respecter. J'ai entendu aussi des avis qui m'ont fait mal. On comprend que parfois, certains tendent la main, par pitié, et que l'autre en face, il ne veut pas faire la charité.

En ce moment, je me sens encore très vide, vide de sens. Je me sens seule. Je ne veux pas parler de ça avec mes enfants. Ils ont leur vie. Je leur fais déjà trop supporter mes humeurs variantes, j'essaie de cacher. Mon homme travaille énormément, je ne peux pas non plus l'innonder de mes tracas. Alors qui ? personne. Personne n'a besoin d'être innondé des soucis des autres. Eventuellement les professionnels. J'en ai vu et revu. Bien sur, je vais en revoir. Mais ils ne sont pas là au quotidien.

La Toussaint, on pense à la mort, bien sur. Je ne pensais pas que ma mère serait encore là. Elle ressemble à une poupée de chiffon, mais parfois elle se rebiffe, parle fort. Est ce qu'elle se bat pour moi, parce qu'elle voit que je vais mal, parce qu'elle ne peut rien faire pour moi, parce que si elle était comme autrefois, elle me demanderait d'être indulgente, parce qu'elle s'est toujours soumise, parce qu'elle n'a jamais osé dire, parce qu'à mon avis, elle a subi bien plus qu'elle ne l'a dit, parce qu'elle s'est arrangée de cette vie, parce qu'elle a confié tout ça à son soit-disant Dieu, parce que finalement elle avait la force ?

Je rêve de relations illusoires, vous le savez, j'en rêve et j'en crève.

Aujourd'hui, personne n'a parlé d'aller aux cimetières. Ce n'est pas grave. C'est même plutôt mieux d'y aller un autre jour, ça va ressembler à une foire, tant de gens à déambuler et s'écrier ......

Aujourd'hui, si je veux, j'ai plein de trucs à faire : rentrer les fleurs, bien les hiverner, j'ai des idées pour faire mieux que d'habitude, ranger la maison, ou aller marcher, je ne sais pas encore.

J'aimerais juste que ces idées disparaissent de ma tête, ces idées tristes qui s'amusent à me dépiter.....

Je ne cherche pas l'apitoiement, croyez le. Je cherche juste à comprendre et tenter d'avancer, mon chemin ressemble à celui de mon père, il n'arrivait pas à être heureux.

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