07 septembre 2014

j'ai osé

L'homme travaillant en ce moment et le jour, et la nuit.... fallait pas lui demander de m'accompagner au salon bio du coin aujourd'hui. Pourtant j'avais visé une petite conférence et je me demandais bien comment j'allais faire. Début d'après midi, je me suis vite décidée à prendre ma voiture et à partir là bas. Je suis arrivée à l'entrée, et j'ai demandé où se passait la conférence. Une petite jeune fille m'a même accompagnée jusqu'à l'endroit, j'en demandais pas tant. C'était juste commencé. Il fallait déjà être actif, j'étais à quelques chaises d'une autre dame seule, d'un regard je lui ai demandé si elle voulait se mettre avec moi, elle s'est rapprochée. Il fallait qu'elle m'explique pourquoi elle était là sans que je l'interrompe, seulement l'écouter, pendant quelques minutes. Puis un peu plus tard, les rôles s'inversaient et c'est moi qui parlait. La conférence présentait une formation que cette dame propose sur la communication non-violente. Je connaissais un peu la dame pour l'avoir déjà vu présenter ça ailleurs. Mais comme j'ai vraiment des soucis de communication en ce moment, je pense m'inscrire à cette formation. Ce qui est plus que positif, c'est que j'y suis allée seule. Ensuite j'ai visité les allées du salon, sans conviction, car il faisait une chaleur qui mettait mal à l'aise. J'ai rencontré quelques personnes connues que j'aime beaucoup, parce que je les cotoie dans l'univers du s e l, et aussi quelques autres. Je me suis dit que finalement, non non je ne suis pas seule au monde.

Ensuite, ma future petite belle-fille m'a rejoint dans une autre commune pour un vide grenier. Je ne suis pas adepte d'habitude. J'ai senti qu'elle avait envie d'y aller et je lui ai proposé de l'accompagner. Il y avait un de ces étalages : de tout : des chaussures, des habits de bébé (beaucoup), des habits (femmes surtout), des livres, des cassettes, des dvd, de la vaisselle, de la confiture, des courgettes, des cadres, des bijoux, des .....  je n'avais pas assez d'yeux pour tout voir, et la chaleur était écrasante. Rien acheter. Pourtant d'autres ont acheté, les exposants étaient contents. Là aussi j'ai croisé quelques personnes et parlé un peu. A force, je ne savais plus quoi dire : Fait chaud, y a du monde, etc etc la même rangaine.

C'était mon dimanche.

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MERCI

Merci à vous qui passez, qui commentez régulièrement. Un blog qui vit est plus intéressant.

Merci à vous qui passez, qui lisez et ..... partez sans mot dire. Et si pour une fois vous en laissiez un, de mot, juste comme ça, un petit mot de rien, pour dire que vous passez par là.

On essaie ?

Bon dimanche à tous .....  je vous embrasse

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06 septembre 2014

Puisqu'on parle d'école

J'ai aimé l'école, j'ai du commencer vers 4 ans, les souvenirs sont un peu vagues. Je ne me souviens pas avoir rechigné pour y aller. De la maternelle (où l'école était mixte, parait il, mais là encore je ne me souviens guère), jusqu'au primaire (les filles et les garçons étaient séparés), j'étais dans la même école, celle de ma commune, l'école des soeurs. Puis à 11 ans, je suis partie au collège, mes meilleures amies sont parties dans un autre collège (en pensionnat), je me souviens avoir eu le coeur gros. Heureusement, une fille de ma classe partait dans le même collège que moi et nous sommes devenues amies après. Nous n'étions pas dans la même classe. Le collège était un établissement privé. Tout se passait pour le mieux à l'époque. Il n'y avait pas trop de problèmes. J'ai fait mes 4 années dont la dernière, la 3ème, avec les gars, puisque c'était devenu mixte à ce moment là. La 4ème et la 3ème furent plus difficiles, je commençais à ressentir quelques problèmes relationnels, pire avec les garçons en 3ème. Puis vint le temps de l'orientation. Mes parents décidèrent pour moi, à aucun moment j'ai senti le pouvoir de choisir, l'école étant obligatoire jusqu'à 16 ans, et finissant la 3ème à 15, je devais faire au moins une année. Ils choisirent un BEP fait en 2 ans, ce qui me faisait quitter l'école à 17 ans, ça ne leur coûtait pas grand chose. C'est bizarre que je ne me révoltais pas. Je n'avais pas autour de moi de gens pour m'influencer. Ma soeur travaillait déjà à l'usine, personne ne parlait pour moi. J'ai tout de même choisi entre secrétariat et compabilité. J'ai choisi secrétariat, je préférais quand même déjà tout ce qui concernait l'écrit. Ces deux années se passèrent bien, il n'y avait que des filles dans la classe et nous étions un tout petit nombre. J'ai tout appris ici pour mon métier. L'impression même que ça valait à l'époque bien des BTS d'aujourd'hui, enfin surtout sur le plan pratique.

Ce qui m'a manqué : les études de lettres. Aujourd'hui je me rends compte que je ne connais pas les auteurs, que je n'ai pas lu les grandes oeuvres, ni étudié.

C'est finalement à mon âge que j'aimerais entreprendre une démarche dans ce sens. Et j'avoue ne pas savoir commencer.

Je crois que j'aurais aimé être enseignante mais quand je lis sur l'école d'aujourd'hui, je préfèrais l'école d'hier, j'aurais bien aimé être maîtresse de l'école d'hier. Je jouais beaucoup à ça avec mes poupées.

C'est un regret, parmi tous mes regrets.

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05 septembre 2014

le jeune

Il a téléphoné un jour chez nous, s'exprimait bien, cherchait un maître d'apprentissage. Je ne le connaissais pas. Souvent j'aurais dit : non, nous ne prenons personne. Et là, je lui ai demandé d'écrire un mail expliquant bien sa recherche. Nous lui avons demandé de venir se présenter, j'ai encouragé mon mari à le voir. Il est venu. Il semblait volontaire, voulait reprendre ses études en apprentissage, il lui manquait le maître. On a pris des renseignements pour l'apprentissage, on n'a pas répondu tout de suite, il a rappelé, on a encore réfléchi, et on a fini par dire OUI. Il avait déjà un travail, un CDI, mais il pensait qu'à l'avenir, il lui serait nécessaire d'avoir un meilleur bagage pour d'éventuels projets. Nous n'avons pas pris de renseignement sur lui, ni sur sa famille. Nous lui avons fait confiance. Il vient de passer deux semaines chez nous, s'est vite intégré, est consciencieux, a beaucoup de choses à apprendre, est volontaire. Il a partagé nos repas, avec beaucoup de monde depuis deux semaines. Il ne nous a pas déçus. Il a eu de longues journées de travail, n'a jamais rechigné, a toujours été à l'heure. Ce soir il a reçu sa première paie chez nous, il n'était pas pressé de partir, nous avons discuté de tout, de son passé, de ses deux semaines ici, du travail qu'il n'imaginait pas, de la vie de jeune, etc. Lundi il reprendra le chemin de l'école et désormais sa vie se partagera entre le travail chez nous et l'école. Nous avons donc maintenant deux salariés et un apprenti.

Il y a des jeunes bien, très bien même. Bon, j'espère ne pas être déçue dans quelque temps. Mais j'ai eu comme une intuition en recevant ce jeune. Il fallait qu'on fasse quelque chose, on le fait, je suis sure qu'on ne le regrettera pas.

Avoir confiance, cela m'arrive parfois. Comme quelque chose à l'intérieur qui me guide.

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04 septembre 2014

la rentrée

quelle rentrée ? ça fait longtemps que je ne sais plus ce que c'est. Cà fait longtemps que je ne fais plus les courses pour la rentrée, que je ne couvre plus les livres .... En son temps, ça me faisait pester. Et finalement aujourd'hui ça me manque.

L'été est passé si vite, avec son lot de mauvais temps, nous n'avons pas quitté notre "chez nous". Je me suis offert quelques balades, mais si peu. Je me dis toujours que ça aurait pu être beaucoup mieux, mais c'est ainsi. La quantité de travail à cette saison ne permet aucune liberté.

Récemment, nous avons fêté l'anniversaire du voisin, ainsi que le départ de celui-ci avec son épouse et ses enfants vers de nouveaux horizons. Nous avons été heureux d'être invités alors qu'on se connait depuis peu. Ils ont cette facilité à aller vers les autres. Hélas, bientôt ils seront définitivement partis. Et dimanche dernier, nous sommes allés au restaurant avec nos enfants pour nos 35 ans de mariage, pas de flafa, juste entre nous.

Et puis cette semaine, je suis allée une journée à la mer avec deux amies. Je crois en avoir pris encore l'initiative (de la sortie) mais c'est C. qui a proposé la mer. Nous avons passé une belle journée par un temps magnifique, j'aurais aimé rester. Je crois que je vais y retourner en septembre, c'est si agréable.

Tandis que j'ai tous les jours une grande tablée, il y a du personnel en plus pour les récoltes, j'essaie de profiter encore un peu de l'été et de ses douceurs.

Je n'ai toujours pas renoué avec elles. Les sms fonctionnent juste quand il faut.

Bientôt, je vais reprendre le chemin de l'écriture, peut être que ça m'aidera.

Bientôt, je vais avoir une vie des plus ordinaires, je ne me casserai plus la tête pour l'association que j'ai quittée.

A quoi je sers ?

Est ce une question normale de se demander à quoi l'on sert ?

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30 août 2014

les cartes postales

J'en ai reçu une seule cet été : une de mon copain de boulot d'il y a longtemps, tous les ans, il m'envoie une carte, autrefois c'était plutôt des cartes rigolotes, maintenant c'est du plus sérieux, ça se voit qu'il vieillit.... pas une seule autre. Neveux, nièces, cousins, amis, non personne n'y a pensé. C'est vrai qu'avant, on en recevait davantage. Moi, je n'en ai pas envoyé puisque je ne suis pas partie, j'aurais peut être du en envoyer de chez moi, pourquoi pas, je n'y ai pas pensé.....  J'ai gardé plein de cartes, elles sont je ne sais où dans des boites au sous sol, va falloir qu'un de ces jours je les ouvre ces boites et là, je vais y rester des heures à contempler mes trésors d'avant-guerre. Même de quand j'étais petite, j'ai gardé les courriers et les cartes. J'ai beaucoup gardé, trop gardé. Je me souviens que j'avais plaisir à écrire à mes copines, celles qui étaient parties au collège en pension et que je ne voyais plus la semaine, à de nouvelles copines de collège aussi j'écrivais pendant les vacances.

Aujourd'hui plus jamais de lettre papier (ou vraiment très peu). Les mails ou sms ont remplacé. L'écriture, je vais bientôt la repratiquer au sein de l'atelier, est ce que je vais aimer autant ça ? parfois je me sens bien médiocre mais bon, puisque ça me fait plaisir. Ne nous torturons pas. J'espère partager avec de nouvelles personnes, cela fait du bien la venue d'autres gens, sinon ça devient routinier.

 

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25 août 2014

le silence ....

Ainsi le silence s'est installé face à ma difficulté d'accepter l'inacceptable. Une non-invitation transmise par téléphone. Est ce que ça se fait ? ça s'est fait. Et si au début, j'ai pu continuer d'avoir une relation normale avec elle, depuis quelque temps, je ne peux plus. Par sms, je lui ai expliqué que je préférais le silence, un temps pour m'y faire. L'intéressée m'avait conseillée de vivre ça comme je pouvais. Et bien, j'ai choisi le silence, enfin le presque silence. On s'envoie des sms pour signaler nos visites à notre mère, de façon à ne pas y aller le même jour. Les sms, c'est bien, on n'entend pas le son de la voix. On ne sait pas l'émotion.

Ainsi je me disais que peut être ils tenteraient une approche vers moi, mais non rien. Rien du tout. Oui je sais, il ne faut pas être dans l'attente.

Ainsi combien de temps cela va t il durer ?

Ainsi vu que je n'ai plus de contact avec elle, la seule, je n'ai pas envie non plus d'en avoir de l'autre côté, celui de ma belle-famille et donc je ne fais aucun effort.

Ainsi je me dis que les familles ne sont pas celles qu'on rêve d'avoir. On est un tout petit, et pour tendre la main, il ne faut pas d'orgueil, et qui n'a pas d'orgueil ? il faut de la compassion. Sans doute, ils n'en ont pas.

Je me noie souvent dans mes pensées grises. De temps en temps, quelques couleurs arrivent et éclairent ce sombre été, sombre dans ma tête, sombre dans le ciel. Tout cela est bien assorti.

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24 août 2014

Les conversations

Hier soir en attendant le repas d'anniversaire, un apéro.

Un petit groupe de femmes auquel je me joins.

Des conversations de vacances. Et soudain les femmes voilées. Les musulmans. On en a vu à la piscine, on en a vu dans la ville traversée pour les vacances. On ne les aime pas. Que font ils là ? On aimerait qu'ils disparaissent. On aimerait même aider à ce qu'ils disparaissent. On en a marre. On en voit même qui viennent travailler chez nous par l'intermédiaire de boites qui mettent du personnel à disposition. On ne leur donne plus à manger, c'est trop compliqué. On n'aime pas qu'ils travaillent chez nous..... etc.... etc.... etc....

 

Soudain, je voudrais m'envoler pour ne plus entendre tous ces propos racistes. Je n'adhère pas. Je n'ai jamais adhéré. Au fond de mon coeur, il m'est impossible de considérer que je suis meilleure et que j'ai ma place, alors que l'autre étranger ne l'a pas, même dans mon pays.

C'est sans fondement, sans explication, c'est comme ça. Je ne juge pas, c'est tout,

et je les plains d'avoir ces pensées, mes voisines, je les plains.

Je n'ai jamais les arguments nécessaires pour contrer, et d'ailleurs faut il contrer ?

Elles étaient si virulentes, alors qu'au fond de notre campagne, nous sommes si peu concernées.

Je rêve d'un monde meilleur.

Les pensées que nous avons ont beaucoup d'importance. Je veux garder mes pensées. J'aimerais explorer le thème, je ne sais par où commencer.

Tout être humain mérite le respect.

 

Puis nous nous sommes mis à table et...... ça a continué avec les escrocs à la carte bancaire, aux chèques, et compagnie......

 

Manquerions nous donc de conversation ? 

 

 

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23 août 2014

moments heureux

Certes, je gémis, souvent, longuement. Vous m'aidez à y voir plus clair dans mon fonctionnement. Bien sur que la colère n'est pas bonne conseillère et qu'il faudrait la remiser au grenier. Certes, quand elle est là, je l'écris, je la vide ici. Cà n'attire pas les foules. On préfère largement les sourires et les partages, moi aussi. Je prends conscience que ce fonctionnement ne nourrit pas, bien au contraire il détruit, qu'il faudrait cesser d'envier, de jalouser. C'est difficile. Merci aux quelques blogueurs qui se manifestent et qui me font prendre conscience.

Je vis aussi des moments heureux, et heureusement. Et j'aimerais développer cela, parce que c'est possible, parce qu'ils existent, qu'ils ne demandent qu'à vivre, par moi même, ou par les autres, mais surtout sans que je les attende des autres.

Récemment, j'ai passé une agréable journée dans un petit village à 1 h de chez moi, avec deux amies. C'était pour fêter l'anniversaire de l'une d'elles. Nous avons déjeuné dans un petit restau où le patron ressemblait à A. Dulery, nous en avons ri. Puis nous avons flané, nous nous sommes un peu perdues, le balisage étant un peu absent, nous avons visité les peintres de ce village, beaucoup discuté avec l'un d'entre eux, puis nous nous sommes installées à la terrasse d'un café avant de rentrer. C'était un jour entre parenthèses. C'est un peu moi qui l'avait initié, il faut toujours quelqu'un qui initie. Nous nous sommes promis de recommencer.

Il y a eu aussi les deux soirées Compostelle : je n'avais reçu aucun marcheur cette année. Et la même semaine, j'en reçois un le mercredi soir : le pauvre, il avait très mal aux chevilles, il en était au début du chemin et souhaite le faire en entier. Je lui souhaite bien du courage. Il s'était peu préparé. C'était un saltimbanque, il nous a parlé de sa vie, de son théatre avec passion. Nous nous sommes bien entendus et peut être nous reverrons nous puisqu'il n'habite pas si loin. Echange de coordonnées comme la plupart du temps.

Le vendredi soir, un autre homme qui marchait pendant une semaine, le chemin du département. Un solide gaillard. Un temps pour lui. Un souffle. Une rencontre des plus agréables. Une fois l'uniforme enlevé, on ne pouvait pas deviner. Un homme comme les autres content de partager. Echange de coordonnées également.

De très belles rencontres qui nourrissent les âmes. 

J'ose toujours la question : "pourquoi faites vous le chemin si ce n'est pas indiscret ?"

Hier soir, une rencontre au restaurant, une dizaine avait répondu. Notre association de gens anxieux avait prévu ce temps hors contexte des réunions habituelles. C'était très sympathique. Nous devenons amis au fil du temps.

Voilà, ne pas oublier de relater les moments heureux.....  ils sont importants.

Tenter d'oublier les autres, ceux qui nous embêttent, nous perturbent.

Il y aura toujours des moments heureux, quoiqu'il arrive.

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20 août 2014

le premier pas

Je n'ai pas beaucoup à saisir les mains qui se tendent. Pas d'invitation particulière. Pourtant la plupart sait que j'aime sortir. Certes il fut une époque où je refusais les mains, parfois je recevais des propositions et la peur, ou la non-motivation, faisaient que je refusais, sans état d'âme. C'était une autre époque où je trouvais mille raisons de refuser.

Soudain, j'ai élargi mon champ de vision. J'ai vu que je pouvais aussi goûter à la vie, à de bons moments en sortie, de beaux paysages à voir, j'ai pris conscience. Avant je ne sortais quasiment qu'avec lui et les enfants, je ne m'autorisais pas grand chose, et la peur gagnait la partie. Nous prenions quelques vacances, j'ai même l'impression de n'avoir pas su bien regarder, trop occupée à ci ou à ça.

Je n'avais jamais vu ma mère sortir de chez nous, libre comme l'air. Ma soeur si peu. Au début de ma vie, je n'en éprouvais même pas l'envie. J'ai lu, je me suis initiée grâce à des gens, et j'ai compris qu'il n'y avait rien de mal à s'offrir de bons moments en dehors de sa maison. Mais il fallait trouver les clés. Une amie m'emmenait de temps à autre à la grande ville, je refusais parfois parce que elle c'était magasin, magasin, et magasin. Et je n'aimais pas tant que ça faire les magasins. Je suis allée à la gym, j'ai connu l'association, puis l'atelier d'écriture, j'ai pris un peu confiance pour sortir seule de chez moi, j'ai arrêté de culpabiliser ou bien d'avoir peur. J'ai rencontré de nouvelles personnes et j'ai pris goût aux sorties qui cassent le rythme routinier. Cà ne le dérange pas du tout. Il ne m'a jamais empêchée, bien au contraire.

Et pourtant, cela reste toujours difficile. J'ai peu de proposition. Quasiment rien de la part de la famille, à part les invitations officielles : cérémonies, anniversaires, qui se passent avec toute la famille et les week end. Pas de petit truc magique : "viens donc avec moi au cinéma" ou "je t'emmène au théâtre" ou "et si on allait pique niquer". C'est pourtant simple. Mais non, RIEN.

L'autre jour, deux personnes que je côtoie m'annonçaient leurs vacances sans rien de prévu. A la première, je lui dis que nous pourrions faire quelques sorties. Elle semble d'accord, puis plus de nouvelle. Quand je lui envoie un sms, j'apprends qu'elle est partie en vacances avec une collègue qui lui a proposé une petite semaine avec elle et sa famille. Je comprends qu'elle n'ait pas refusé mais elle aurait aussi pu me prévenir. Elle vit seule, et finalement reçoit souvent de très gentilles propositions. Nous avons passé la journée ensemble hier, parce que je les ai stimulées (elle et une autre personne), sans cela, je crois qu'on ne se serait pas vu.

L'autre personne qui m'a dit n'avoir rien de prévu semble prête à faire quelques sorties avec moi. Elle pourrait bien sur aussi me proposer quelque chose. Est ce que j'attends ? est ce que je propose ? Si j'attends, je risque d'être déçue. Nous pourrions aller à Paris, mais est ce bien raisonnable ? Je n'ai jamais fait de grandes sorties avec elle, je la connais par l'écriture, et si finalement j'étais déçue ? peut être c'est plus prudent de partir à la journée.

Je me demande ce qui fait que si je ne propose rien, je ne reçois aucune offre. Vous allez dire que je titille. Peut être. Mais je me pose aussi la question, si je ne reçois pas d'offre, c'est peut être que les gens n'ont pas envie de m'avoir à leurs côtés, peut être suis je ennuyeuse, pas intéressante ? Pourquoi ça fonctionne toujours dans le même sens ?

J'ai sans doute refusé quelques propositions aussi pour de bonnes raisons, rendez vous, travail, mais très peu.

Pour la marche avec ma voisine, c'est pareil, il faut sans arrêt la stimuler.

Pour aller au marché artisanal, j'ai déjà contacté une autre voisine avec laquelle j'étais allée l'an dernier, elle aurait aussi pu venir vers moi.

C'est vraiment beaucoup plus souvent moi qui fait le premier pas, qui prend les initiatives, c'était pareil en famille aussi mais de ce côté là j'ai freiné, parce que c'est fatigant de toujours s'avancer, c'est usant, surtout pour une anxieuse, pour une hypersensible, ça prend tant d'énergie, si vous saviez....

Alors de temps en temps, si les choses s'inversaient, ça me ferait du bien.

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