27 octobre 2015

Vide ...

Vide la petite mercerie, marchande de laine, de fermetures, de boutons, etc.  Je cherche à me garer et je passe devant le magasin en voiture, quand tout à coup je me rends compte que rien, il n'y a plus rien derrière la vitrine, pas la peine de me garer. Je repasse une deuxième fois devant, c'est confirmé, y a plus rien à l'intérieur. Bravo le centre ville ! Je me suis rabattue sur le magasin de machines à coudre qui vend aussi de la laine depuis quelques années. Et oui, j'ai acheté des munitions. Attention les aiguilles ! Si mes épaules veulent bien que je m'y remette, ça va le faire ! J'ai pris du bleu. Et un modèle trouvé sur internet, genre pull tube. Vous vous souvenez des pulls tube ? Année 1975 je dirais. J'adorais. Ma mère m'en avait tricoté un, en grosse laine,  avec un col châle, toute une époque ! Un petit pull pour petit bonhomme, tout d'un seul morceau, ça évite les coutures que je ne sais pas si bien faire. Je vais tenter. Je ne parie pas sur le résultat.

Mais quand même cette mercerie vide, ça m'a fichu un coup.

Posté par melancolie85 à 19:21 - Commentaires [5] - Permalien [#]


laisser venir les choses

Le coup de fil que j'aurais aimé samedi est arrivé hier matin. Une amie, ne travaillant pas ce jour, me propose d'aller marcher l'après midi, sauf que je refuse car j'ai séance de kiné, nous décidons de remettre ça à la semaine prochaine. Comme quoi, tout arrive. J'ai eu tort de penser que j'étais seule dans mon coin et qu'il ne se passait rien. Hélas, quand on est triste, envahie de mélancolie, le cerveau ne voit que le gris et efface toute tentative de rose et bleu.

Dimanche, nous avons invité au dernier moment les enfants pour un simple déjeuner. Je fais quasiment le même menu tous les dimanches, ils savent à l'avance ce qu'ils vont manger, et ça ne leur déplait pas. Nous avons profité de super baby qui grandit et s'éveille. Quand il est là, plus rien n'est gris. Il est le soleil à lui tout seul.

Il faut re-paramètrer régulièrement son cerveau à se dire que le meilleur peut arriver encore, que la vie n'est que surprises, et que ce n'est pas la quantité qui compte, mais la qualité. Je me plais à observer nos capacités de rebondissement.

Dans le livre d'Alexandre Jollien que je lis en ce moment, je me retrouve. Entre le trop et le pas assez, il lutte aussi à trouver sa place. Son cerveau est sans cesse en ébullition, un peu comme le mien, pour se dire : mais qui suis je dans ce monde ? Où est ma place ? comment dois je vivre ? Des questions épuisantes à la longue. De si grandes questions pour une si petite vie ! Une petite vie à avoir peur de ne pas être où il faut, ne pas faire ce qu'il faut. Alors que si j'arrête ce cerveau, je suis où je suis, je fais ce que je peux et j'aime au mieux.

Posté par melancolie85 à 08:35 - Commentaires [2] - Permalien [#]

25 octobre 2015

Un samedi d'octobre

Je n'avais pas besoin de sortir sauf pour acheter le pain. Les autres courses étaient faites. Avant, je serais sans doute allée à la maison de retraite. Je n'ai vu personne d'autre que ma famille proche, sauf un copain du grand fils puisqu'il est là ce week end. J'ai pensé à appeler du monde pour le café, et puis j'ai renoncé. J'ai juste pris mon temps.

Le temps de cueillir plein de framboises, les dernières de la saison.

Le temps d'aller marcher dans mes chemins d'automne, et longer l'étang en revenant, il y avait des pêcheurs, deux d'entre eux m'ont saluée.

Le temps d'observer le ciel qui hésite entre tous les gris, du plus foncé au plus clair, avec des petits espoirs de bleu doux.

Le temps de préparer des pommes moches en compote.

Le temps d'écouter la radio en même temps que je m'occupe des pommes.

Le temps de fouiller dans mes sacs de laine espérant y dénicher de quoi faire un mini pull.

Le temps de chercher un modèle de mini pull.

Personne ne m'a appelé, personne n'avait sans doute envie d'un café.

Il va falloir que je m'habitue à vivre avec moi même.

Les enfants vont et viennent, ils ont leur vie.

Plus jeune, je ne me suis jamais préoccupée de ma mère le week end, je n'avais même pas le temps d'y penser.

Me voilà à vivre la même histoire, tandis que l'homme était affairé aux livraisons de maïs.

 

Posté par melancolie85 à 08:47 - - Commentaires [11] - Permalien [#]

24 octobre 2015

le petit restaurant

Après avoir eu la peur de ma vie, nous avons continué à marcher, marcher, marcher. Le soir arrivé, nous avons cherché une crêperie ouverte pour dîner mais il n'y en avait pas. A cette saison, il y a moins le choix. Il y avait un petit restaurant ouvert, je pensais qu'il fallait réserver. Nous y sommes entrés et avons demandé s'il était possible de dîner. Le menu affiché dehors nous plaisait bien. Un charme règnait dans ce lieu. Nous étions les premiers. L'homme nous a dit ok et que nous serions prêts pour l'heure du cinéma. L'endroit était fait de bric et de broc, beaucoup de peintures au mur, et il y avait une bonne musique de fond, du piano. Il y avait peu de choix sur la carte des menus mais c'est plutôt bon signe. Je reviens sur la musique. Dans les autres endroits nous avions eu droit en fond sonore à des émissions de radio, et nulles en plus, et à la télé au petit déjeuner, j'ai trouvé ça incohérent. Pour une fois, nous avions de la bonne musique, pas trop forte, pour une ambiance feutrée. Vite nous avons été servis. Nous avons pris des plats différents pour les goûter. Tout était délicat et magnifique. Le chèvre frais à même la planche de bois, avec du miel, de l'orange, de la betterave jaune, du radis vert et de nombreuses herbes a ravi mon palais, tandis que la rillette de poule dans sa verrine et ses toasts ont fait le bonheur de l'homme. Puis il a pris viande tandis que j'ai pris poisson. Tout était exquis. Le dessert, le même, fait de fromage blanc, caramel beurre salé, pommes et biscuits en morceaux, chantilly dans sa grande verrine clôturait à merveille. Et le serveur était toujours attentionné. On l'entendait parler avec elle qui était aux fourneaux. Nous étions prêts presque une heure avant l'heure, entre temps, d'autres couples étaient arrivés dans le petit restaurant. Juste avant de quitter l'endroit, nous avons eu droit à quelques mots de la cuisinière, de sa cuisine et nous avons même parlé du film que nous allions voir, et lui m'a glissé sa carte dans la main. C'était écrit : cuisine affective et réconfortante.

Après une telle journée, c'était juste les mots qu'il me fallait.

Posté par melancolie85 à 09:52 - - Commentaires [2] - Permalien [#]

20 octobre 2015

Partir c'est bien

Il y avait un rendez vous de fixé chez un de nos acheteurs, au pays des galettes.... alors on a joint l'agréable à l'utile, et nous voilà partis. On se l'était promis d'aller voir le grand lac vide. La veille, on a fait une visite à un ami défunt, encore un, nous avons donc zappé sa sépulture, il nous aurait compris. J'ai proposé à son épouse de venir marcher avec moi, elle m'a dit : autant que tu voudras, j'espère que je vais tenir ma promesse et elle aussi.

Le premier jour fut consacré à nos acheteurs. Je n'ai pas trop l'habitude. Nous avons déjeuné ensemble. Après  nous sommes allés directement au lac en passant par un office de tourisme où nous avons récupéré quelques adresses, nous avions pensé trouvé un hotel assez près, hélas à cette saison, c'est moins facile. C'est donc dans la "ville" la plus proche que nous avons trouvé, sur les recommandations d'une personne vue le matin. L'hotel était du genre pension de famille, dans un décor napoléonien. Correct. Sans plus. Deux soeurs qui le gèrent. Nous y avons passé deux nuits avec le repas du soir et petit déjeuner. Le deuxième jour, nous avons pris une visite guidée du lac, très intéressante, plein d'informations sur l'histoire de ce barrage. Il y avait du monde. Beaucoup de retraités.

Nous avons donc réservé un deuxième hotel un peu plus haut. Avant de nous y rendre, nous avons visité les Gorges de Locarn, on s'est un peu perdu dans le circuit de rando, et on a fait quelques kilomètres en plus, j'étais épuisée, le temps était agréable, nous avons souvent demandé notre chemin. Nous avons retrouvé notre voiture il faisait presque brun.

Le soir nous avons découvert l'hotel et sa cuisine d'ailleurs, la maîtresse des lieux est colombienne. Un peu lourd le repas pour moi. Ce n'était plus vraiment régime. Le lendemain, nous avons découvert la forêt et ses sites magiques. Le temps était moins clément, un peu de pluie. Puis une crêperie tenue par des anglais nous a satisfaits pour le midi.

L'après midi, retour dans la forêt qui est immense, et va de surprise en surprise. Et là, tout aurait pu basculé. Nous avons dû emprunter un petit bout de route pour rejoindre un autre chemin, d'autres personnes étaient là aussi. Je craignais déjà l'endroit quand soudain une voiture a déboulé dans le virage, est venue cogner le talus quelques mètres au dessous de moi, et a rebondi sur la route en tête à queue, tout a été très vite, j'ai sauté sur le talus, j'ai entendu ce gros bruit, j'ai vu la scène, la voiture a stoppé juste devant moi, et là j'ai hurlé sur les trois jeunes tout blancs dans leur voiture..... Je ne savais plus si j'étais vivante ou morte, j'avais vu la voiture venir sur moi. J'ai eu tellement de chance et les autres personnes aussi, elles ont vu la scène, c'était sur moi. J'ai fui vite l'endroit, je ne voulais plus y marcher. Je me suis calmée. La vitesse était limitée à 50, il y a des virages qui se succèdent. Les jeunes se sont excusés mille fois et je les ai engueulés mille fois. Je pensais ne plus pouvoir continuer à marcher, je voulais retourner à l'hotel.  J'ai repris la marche, nous avons parlé avec les gens. Nous en avons trouvés pour nous ramener plus tard pour ne pas avoir à marcher sur ce bas côté. Le soir, nous avons trouvé un merveilleux petit restau à la divine cuisine, et nous sommes allés au cinéma tout proche voir Marguerite, avec une belle surprise, puisqu'un gars faisant quelques apparitions dans le film animait la soirée, c'était un gars originaire d'ici.

Et puis nous sommes rentrés dimanche en découvrant la vallée des saints et la chapelle à côté, en passant encore par une crêperie, en chassant les images que j'avais de cette voiture folle.....

Je suis là, je n'ai pas encore envoyé mes petites graines, je suis encore un peu tourneboulée !

Posté par melancolie85 à 18:14 - - Commentaires [3] - Permalien [#]


19 octobre 2015

Me revoilà !

Je n'étais pas partie bien loin ... Une petite escapade de quelques jours à quelques heures de chez moi. Je remercie les personnes qui se sont inquiétées. Je reviens vous raconter tout ça, pour l'instant je file à mes framboises .....

Posté par melancolie85 à 18:13 - - Commentaires [3] - Permalien [#]

08 octobre 2015

prenez en de la graine ....

DSCN8810

Vous vous souvenez de cette fleur ? comment ça s'appelle ?

Si vous en avez envie, je peux vous envoyer quelques graines .... il me faudra juste votre adresse postale et hop, dans une enveloppe .... 

Posté par melancolie85 à 17:58 - - Commentaires [10] - Permalien [#]

07 octobre 2015

Bientôt trois mois

Depuis qu'elle est partie, même écrire est devenu difficile. Parfois, aller la voir donnait lieu à des écrits, des révoltes sur ce que je voyais là bas ou aussi quelquefois des bonnes choses, des émotions. Ce matin j'ai écrit le souvenir, j'ai eu du mal. J'ai trouvé ça d'une platitude, j'ai failli le supprimer, et puis je l'ai laissé, ça confirme l'état du moment. Des souvenirs qui reviennent et disparaissent aussitôt. Des tracas liés à la succession car systématiquement, quand quelqu'un de proche meurt, c'est tout ça qui nous pend au nez. Ne restent plus que des pierres et des lopins de terre. Se mettre d'accord. Pour l'instant pas de désaccord, pas d'accord non plus. Elle ne veut rien conserver, alors soit c'est moi qui garde, soit on vend tout. Encore faudrait il pouvoir vendre des choses quasi invendables. On me dit que tout est vendable, enfin ce n'est pas le notaire qui le dit, ce sont les gens à qui j'en parle.

Mon cerveau est embrumé, je loupe plein de choses, je note des dates avec des animations qui m'intéressent et soudain je m'aperçois le lendemain que c'est passé. Est ce que je suis devenue elle ? elle dont la mémoire flanchait depuis si longtemps, au début sans doute très doucement. Cà me fait peur. Je mets ça sur le compte de l'émotion pour l'instant. J'ai juste repris l'écriture avec moins d'enthousiasme à cause des nouveaux, je crains la nouveauté. Mais je m'en sors malgré tout. Finalement je n'ai même pas repris le yoga, pas plus envie que ça, et les heures ne sont pas très intéressantes, j'attends. J'apprends que d'autres personnes sont très mal en point autour de moi, une tante, un ami. C'est très gris. C'est l'automne et sa mélancolie. L'automne de nos vies aussi.

Cà s'est connu au mariage, je n'étais pas joyeuse. Du coup, c'est difficile de voir les autres qui le sont. Mais ils ne sont pas responsables. Je n'ai pas envie de grand chose, je fais ce qu'il y a à faire.

Posté par melancolie85 à 14:30 - - Commentaires [4] - Permalien [#]

souvenir

Lorsque j'étais enfant, nous ne partions jamais en vacances. Je n'avais donc pas l'occasion de quitter ma maison. Puis il y a eu la maladie de ma mère, son temps d'hopital et à son retour, et il était recommandé que je ne reste pas à la maison avec elle. On m'envoya donc chez un oncle et une tante, c'était donc la première fois que je partais séjourner ailleurs. Je dormais avec ma cousine au sous sol. Je me souviens très bien de cette maison, beaucoup plus récente et belle que la nôtre. Il y avait toutes les commodités, un wc, une salle d'eau, une salle à manger, trois chambres dont une au sous sol et une cuisine. Nous dormions dans un lit cosy, je ne savais même pas ce que ça voulait dire. Ma cousine avait des livres bien rangés sur des étagères autour du lit. J'ai de très bons souvenirs de ce moment là, j'avais découvert une vie beaucoup plus moderne, ma tante avait des amies qui allaient et venaient, mes cousins aussi, nous allions à la pêche le dimanche au bord de la rivière. Ma tante ne cuisinait pas comme ma mère, elle faisait des carottes rapées, jamais vu chez moi à ce moment là, des choux à la crème, jamais vu non plus.

 

Posté par melancolie85 à 09:41 - - Commentaires [2] - Permalien [#]

04 octobre 2015

deux mariages

Nous avons été invités à deux mariages le même jour. D'abord un, depuis longtemps, la fille de mon amie. Tout le jour et même le lendemain. Et puis le deuxième, le fils de l'ami d'une amie, je ne connais pas le marié, nous sommes invités pour le soir, au dessert.

Les deux fêtes sont à plus d'une heure de distance. Nous décidons d'honorer la première invitation, avec l'espoir dans un premier temps de rejoindre peut être le deuxième mariage.

C'était hier. Je n'étais pas enjouée. Des heures debout après la messe, au vin d'honneur, mes pauvres pieds. Des gens que je connais, la famille de la mariée, des amis. Mais pas d'entrain. Un repas long ponctué de nombreuses vidéos. Trop de videos tuent la video. Un bal, toujours pas d'entrain. Je reconnais quelqu'un de la famille du marié, nous sommes allées à l'école ensemble. J'ose aller à sa rencontre, sinon je vais m'en vouloir une fois rentrée. Et là, je me prends un de ces vents. Elle ne me reconnait pas, me regarde comme une bête curieuse, et au lieu d'essayer de me mettre à l'aise, me laisse au bord de ma gêne. J'en serai mal à l'aise tout le reste de la soirée. Elle se souvient de gens dont je lui rappelle les noms, mais pas de moi.

Moi qui pense souvent que j'existe à peine, j'en ai presque confirmation.

Oui, je sais vous allez me dire que ce n'est pas grave, que tout le monde n'a pas la mémoire, que certains sont bêtes, que je ne dois pas m'en faire, que ci, que ça, mais hier, il m'aurait fallu autre chose que ça car je l'ai déjà dit deux fois, je n'étais pas enjouée, du coup j'aurais eu besoin de réconfort.

Je suis encore bien fragilisée.

Nous devons logiquement y retourner ce midi. Je n'ai pas très envie. Pour l'instant, je pars me doucher, ça va peut être laver mes idées grises.

 

Posté par melancolie85 à 10:31 - - Commentaires [5] - Permalien [#]