07 octobre 2015

Bientôt trois mois

Depuis qu'elle est partie, même écrire est devenu difficile. Parfois, aller la voir donnait lieu à des écrits, des révoltes sur ce que je voyais là bas ou aussi quelquefois des bonnes choses, des émotions. Ce matin j'ai écrit le souvenir, j'ai eu du mal. J'ai trouvé ça d'une platitude, j'ai failli le supprimer, et puis je l'ai laissé, ça confirme l'état du moment. Des souvenirs qui reviennent et disparaissent aussitôt. Des tracas liés à la succession car systématiquement, quand quelqu'un de proche meurt, c'est tout ça qui nous pend au nez. Ne restent plus que des pierres et des lopins de terre. Se mettre d'accord. Pour l'instant pas de désaccord, pas d'accord non plus. Elle ne veut rien conserver, alors soit c'est moi qui garde, soit on vend tout. Encore faudrait il pouvoir vendre des choses quasi invendables. On me dit que tout est vendable, enfin ce n'est pas le notaire qui le dit, ce sont les gens à qui j'en parle.

Mon cerveau est embrumé, je loupe plein de choses, je note des dates avec des animations qui m'intéressent et soudain je m'aperçois le lendemain que c'est passé. Est ce que je suis devenue elle ? elle dont la mémoire flanchait depuis si longtemps, au début sans doute très doucement. Cà me fait peur. Je mets ça sur le compte de l'émotion pour l'instant. J'ai juste repris l'écriture avec moins d'enthousiasme à cause des nouveaux, je crains la nouveauté. Mais je m'en sors malgré tout. Finalement je n'ai même pas repris le yoga, pas plus envie que ça, et les heures ne sont pas très intéressantes, j'attends. J'apprends que d'autres personnes sont très mal en point autour de moi, une tante, un ami. C'est très gris. C'est l'automne et sa mélancolie. L'automne de nos vies aussi.

Cà s'est connu au mariage, je n'étais pas joyeuse. Du coup, c'est difficile de voir les autres qui le sont. Mais ils ne sont pas responsables. Je n'ai pas envie de grand chose, je fais ce qu'il y a à faire.

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souvenir

Lorsque j'étais enfant, nous ne partions jamais en vacances. Je n'avais donc pas l'occasion de quitter ma maison. Puis il y a eu la maladie de ma mère, son temps d'hopital et à son retour, et il était recommandé que je ne reste pas à la maison avec elle. On m'envoya donc chez un oncle et une tante, c'était donc la première fois que je partais séjourner ailleurs. Je dormais avec ma cousine au sous sol. Je me souviens très bien de cette maison, beaucoup plus récente et belle que la nôtre. Il y avait toutes les commodités, un wc, une salle d'eau, une salle à manger, trois chambres dont une au sous sol et une cuisine. Nous dormions dans un lit cosy, je ne savais même pas ce que ça voulait dire. Ma cousine avait des livres bien rangés sur des étagères autour du lit. J'ai de très bons souvenirs de ce moment là, j'avais découvert une vie beaucoup plus moderne, ma tante avait des amies qui allaient et venaient, mes cousins aussi, nous allions à la pêche le dimanche au bord de la rivière. Ma tante ne cuisinait pas comme ma mère, elle faisait des carottes rapées, jamais vu chez moi à ce moment là, des choux à la crème, jamais vu non plus.

 

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04 octobre 2015

deux mariages

Nous avons été invités à deux mariages le même jour. D'abord un, depuis longtemps, la fille de mon amie. Tout le jour et même le lendemain. Et puis le deuxième, le fils de l'ami d'une amie, je ne connais pas le marié, nous sommes invités pour le soir, au dessert.

Les deux fêtes sont à plus d'une heure de distance. Nous décidons d'honorer la première invitation, avec l'espoir dans un premier temps de rejoindre peut être le deuxième mariage.

C'était hier. Je n'étais pas enjouée. Des heures debout après la messe, au vin d'honneur, mes pauvres pieds. Des gens que je connais, la famille de la mariée, des amis. Mais pas d'entrain. Un repas long ponctué de nombreuses vidéos. Trop de videos tuent la video. Un bal, toujours pas d'entrain. Je reconnais quelqu'un de la famille du marié, nous sommes allées à l'école ensemble. J'ose aller à sa rencontre, sinon je vais m'en vouloir une fois rentrée. Et là, je me prends un de ces vents. Elle ne me reconnait pas, me regarde comme une bête curieuse, et au lieu d'essayer de me mettre à l'aise, me laisse au bord de ma gêne. J'en serai mal à l'aise tout le reste de la soirée. Elle se souvient de gens dont je lui rappelle les noms, mais pas de moi.

Moi qui pense souvent que j'existe à peine, j'en ai presque confirmation.

Oui, je sais vous allez me dire que ce n'est pas grave, que tout le monde n'a pas la mémoire, que certains sont bêtes, que je ne dois pas m'en faire, que ci, que ça, mais hier, il m'aurait fallu autre chose que ça car je l'ai déjà dit deux fois, je n'étais pas enjouée, du coup j'aurais eu besoin de réconfort.

Je suis encore bien fragilisée.

Nous devons logiquement y retourner ce midi. Je n'ai pas très envie. Pour l'instant, je pars me doucher, ça va peut être laver mes idées grises.

 

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02 octobre 2015

c'est quoi être catho ?

Je ne suis pas capable d'écrire longuement sur le sujet, je n'ai pas la culture, j'observe juste autour de moi : l'une qui dit que dans la ville d'à côté on ne se sent plus trop chez nous parce qu'il y a quelques étrangers en habits qui y habitent et qui s'y baladent, j'ai bien dit "quelques". Les points de vue sur les migrants sont assez égoïstes, on dit : surtout pas chez nous .....   j'en passe, j'en passe....

Mais je croyais qu'on était tout amour, tout accueil quand on était catholique.... Je le croyais, c'est ce que j'avais appris.

On ne m'a donc raconté que des conneries.

Tout ça n'est pas très catholique.

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aujourd'hui

Aujourd'hui, elle aurait eu 90 ans. Je serais allée la voir, avec des fleurs sans doute, j'aurais caressé ses cheveux, je lui aurais massé les mains,..... ou alors si elle avait été plus en forme, j'aurais poussé le fauteuil hors les murs et on serait sorti faire un tour dans ce qu'il reste du parc, puisqu'il n'est plus guère accessible....ils l'ont condamné pour ne plus entretenir la pelouse, ce sont des ânes qui le font...... ou si elle avait été plus en forme, je lui aurais pris le bras, et on serait sorti faire un tour à pieds..... ou si elle avait été plus en forme, je l'aurais emmenée chez moi en voiture, et on aurait invité les proches..... ou .......   ou .....    ou ....

Rien de tout cela. Si j'ai le temps, j'irai au cimetière porter une fleur.

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30 septembre 2015

les mauvaises nouvelles

Un coup de fil dimanche dernier pour annoncer le décès d'un ami de longue date de la famille.

Une annonce dans le journal dès lundi d'un décès de la fille handicapée d'un couple de la commune.

Ce matin, nous allons faire une visite. Je me sens capable d'y aller. Ces deux défunts sont au même endroit.

En arrivant, une affiche signale un autre décès d'une femme que je connais un peu, qui du fait du manque de place se trouve dans une autre commune. Nous sommes surpris, c'est un décès subit.

Il y a peu de monde ce matin, nous avons l'avantage de pouvoir discuter avec les familles de l'un et de l'autre après.

Nous apprenons également qu'il y a encore une autre personne de la commune qui vient de décéder, et puis l'espoir qui s'amenuise pour un autre ami d'ici.

Depuis juillet, je ne compte plus combien de défunts.

Est ce parce que nous vieillissons, est ce un vilain moment ?

Est ce l'automne ?

Ma mère me manque.

 

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29 septembre 2015

s'autoriser ....

Elle était venue me voir en aout, m'avait dit qu'elle aurait quelques vacances en septembre, on avait émis l'idée de partir quelques jours ensemble. Après on n'en a plus parlé. Même quand je suis retournée chez elle récemment, elle n'avait sans doute pas osé en parler, et puis il y avait quelqu'un d'autre avec nous.

Il y a une semaine, je la recontacte, et je lui demande si elle se souvient de ce qu'on avait dit. Je lui dis que plusieurs jours, ça va être dur pour moi, j'ai des impératifs dans le travail. Mais je lui dis que, si elle veut, on peut prendre une journée. Elle me dit qu'elle y pensait, et qu'elle m'aurait rappelée.

Je lui propose un beau village à la campagne, elle ne semble pas emballée, alors tout de suite, je dis : à la mer ? Oui, oui, oui, à la mer. Et dans la ville de la mer où nous allons peu en été parce que c'est trop fréquenté.

Hier nous y sommes parties toutes les deux, nous étions presque sures d'avoir beau. Nous avons traversé l'immense plage, en prenant notre temps. Le midi, nous sommes allées dans un petit restaurant dont j'avais lu l'ouverture dans la presse. Rien d'extraordinaire. Puis nous sommes allées à l'office de tourisme prendre l'agenda culturel de la saison, des fois que .... nous voudrions revenir une soirée. Nous avons pris le temps de nous poser en haut de la plage sur un muret, ôter nos chaussures et nos chaussettes, et tremper nos pieds, tandis que quelques uns se baignaient. Puis nous avons longé les belles demeures parmi les immeubles beaucoup moins beaux. Nous avons pris un verre au café de la plage. Il était déjà temps de repartir, remplies de ce beau soleil d'automne, généreux soleil. Il y avait du monde à flâner. Mais c'était quand même mieux que juillet - aout.

Il y a longtemps, j'aurais eu bien du mal à m'autoriser une journée comme ça, sans lui, sans eux.

Aujourd'hui, je le fais, timidement, mais je le fais.

Nouveaux_CTU photo du net

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27 septembre 2015

une fête

Un samedi d'anniversaire ! les cousins, enfin surtout la cousine, avait programmé cette fête, lancé les invitations. Elle craignait qu'on lui reproche de ne pas le faire. Elle n'avait pas plus envie que ça, mais comme elle avait beaucoup été invitée, elle se sentait un peu obligée. Peut être qu'elle avait quand même très envie, et qu'elle avait peur simplement de le dire. J'aurais préféré qu'elle mette en avant cette version.

Elle est de mon genre, elle stresse beaucoup. Depuis quelque temps, quand je la voyais, elle se tracassait beaucoup pour cette fête : le repas, les invités. Finalement c'est passé. C'est drôle, j'aime pourtant les fêtes, mais là je n'étais pas emballée. J'avais peur de l'alcool, pas pour moi, pour les autres. Ils sont un peu portés là dessus. On a beaucoup attendu pour manger, l'apéritif duuuuuurrrrrrre longtemps, la nouvelle mode ! Les jambes ont du mal à supporter ce temps. A table, nous étions avec des proches, pas besoin de faire de gros effort pour la conversation. Disons qu'on parle de la vie de tous les jours. Enfin, je dis n'importe quoi, avec des inconnus, on aurait aussi parlé de la vie de tous les jours.

Le repas a été animé de deux jeux par les très proches. Nous avons fait une petite balade, certains sont restés jouer.

Il y a des moments blancs, où on ne sait pas trop quoi faire dans ces fêtes. Enfin, moi je sens des moments blancs. Et puis sur le tard, on ressort quelques trucs à manger et le fameux apéro qui est encore moins sage que le midi. Puis y a aussi le digeo.

Je n'en peux plus de toutes ces bouteilles, j'ai très envie de rentrer. Enfin, rassurez vous, je n'en ai pas abusé du tout, mais y en a d'autres......

Finalement, ces fêtes que je réclame, je ne les aime pas tant que ça.

 

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25 septembre 2015

Pas si sure !

J'ai dit récemment que je me débrouillais un peu mieux des situations. C'est sur qu'il fut un temps où j'étais presque renfermée toute la semaine. J'avais eu cette première expérience de bénévole au sein de l'école, ce n'était pas fameux, je faisais ce que j'avais à faire pour le mieux, mais je ne liais pas ou alors très mal de relation avec les autres bénévoles, je me sentais encore une fois si étrangère à leurs conversations, à leurs rires. 9 ans à cacher mes troubles plus ou moins bien, à me forcer pour aller à chacune des réunions, à en rater parfois pour avoir moins mal. Je ne sais pas pourquoi justement je me faisais si mal. Il y avait ce désir d'exister coute que coute. J'avais surement trop vu ma mère seule, elle ne s'en plaignait pas, c'est moi qui ne comprenait pas qu'elle soit si seule. Jamais je n'ai vu mes parents aider une association ou une fête quelconque, sauf en achetant un billet de tombola. Ils n'allaient à aucune réunion me concernant. J'ai voulu faire autrement.

J'ai mes occupations, un peu moins depuis que ma mère est partie. Mais lundi soir par exemple, il y avait des nouveaux à l'écriture, je n'étais pas très à l'aise. Il y avait deux femmes et un homme. Les deux femmes sont amies et elles n'ont pas arrêté de chuchoter ensemble, je me suis dit que c'était mieux d'arriver seule finalement. Au moins on essaie d'aller vers tous.

Devant d'autres projets, je recule. Le dessin, j'ai laissé tomber. Le chant, j'aimerais mais je ne sais comment m'y prendre.

Les portes, je ne vais pas y sonner, j'ai trop peur de déranger.

J'accepte ce que je suis, mais cela pourrait être bien plus fluide que ce ne l'est. Quand il faut décider, j'ai la tête qui bout.

Alors pour l'instant, je laisse couler la vie, je ne vois presque personne.

Demain j'ai une fête, je la crains, je verrai des personnes que je connais un peu, mais pas très bien. Trouverai je ma place ? A mon âge, encore cette question.

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21 septembre 2015

Histoires d'eau

A réfléchir, j'ai constaté que je vivais toujours au bord de l'eau. Je suis née au bord d'une rivière, grosse en hiver, et bien sèche en été. Cette rivière déambule dans nos campagnes avant de se jeter dans un cours d'eau plus important que j'affectionne également beaucoup. Maintenant je vis près d'étangs majestueux. Ma mère, dans les premières années de sa vie, habitait dans la commune où la rivière (la première dont je parlais) se jète dans la deuxième. Elle ne savait pas à l'époque qu'elle se marierait et habiterait tout près de cette rivière. La grand mère de ma mère, ce qui fait mon arrière-grand-mère, que je n'ai pas connue, vivait aussi au bord de la même rivière, la deuxième. Je suis passée hier dans cette commune et j'ai raconté à mon grand fils. J'aime beaucoup me promener au bord de cette rivière, la deuxième, elle offre des paysages magnifiques, bientôt j'irai écrire un samedi au bord, il y a un atelier de prévu, dans une autre commune.

Alors je me dis que peut être, si je l'aime tant, c'est qu'il y a des liens qui m'y unissent, des liens familiaux, des souvenirs. Ma mère aimait beaucoup aussi cette rivière. Il y a une grotte tout près, une reproduction de la grotte de Lourdes, elle y allait souvent, promenade du dimanche.

Ainsi j'ai toujours vécu au bord de l'eau, pourtant j'en ai peur, je ne sais pas nager. Par contre, je l'admire, sans cesse, elle offre une poésie sincère à ce monde qui m'entoure. Hier soir, je suis allée faire mon petit tour, celui que j'ai initié cet été. D'abord, entrer dans la prairie, puis rejoindre le bord de l'étang, longer la berge par le chemin entre les arbres, il y a encore quelques pêcheurs, admirer l'étang et ses reflets, la lumière est encore belle à cette heure là, sortir au bout du chemin sur la petite route, la reprendre sens du retour, admirer de plus loin cet endroit magnifique, voir de l'autre côté le soleil qui prépare son coucher, le ciel a sorti sa plus belle palette de couleurs, marcher vite, et même courir un peu et se rendre compte que le corps se sent mieux depuis qu'il a perdu quelques kilos, et que les épaules se dénouent, vivre le moment présent d'un soir de dimanche où l'on a rien fait de spécial, sauf aller conduire son fils et passer au cimetière.

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