31 mars 2016

La montagne

Je m'y connais peu en montagne, nous y sommes allés le plus souvent en famille l'hiver, pour le ski, en principe on logeait pas trop loin des départs, je m'occupais surtout de l'intendance, je n'aime pas, ne sais pas skier, la peur se loge là aussi. S'ils étaient contents, j'étais contente, j'assurais les repas, le linge, etc. Je m'accordais un peu de temps de balade ou de lecture. Cà passait vite. On allait peu au restaurant à l'époque, ils rentraient bien fatigués, on jouait, et vite tout le monde dormait.  L'été, on y est allé une fois ou deux, les enfants étaient petits, on ne se risquait pas trop.

Pour ces trois semaines, on ne s'est pas non plus trop aventuré. Il n'a même pas fait de ski. J'en étais bien contente. On a fait une sortie raquettes et bien, même pour ça, j'étais à la traîne, la dernière du groupe. Le guide était sympa, il avait quand même un oeil sur moi. Je l'ai dit dès le début, j'ai annoncé les couleurs, c'est mamy qui est là. Il y avait deux enfants, d'autres adultes sans doute plus en forme, ou plus habitués, enfin bref, l'honneur m'a sauvé. J'en ai bavé pas possible, mais j'y suis arrivée, en retard, mais arrivée. C'est qu'il faut gérer ses pieds avec ces bazars accrochés, et on ne marchait pas que sur du plat, loin de là. Une fois m'a suffi.

J'ai eu des difficultés à grimper sur les sentiers, je ne dois pas savoir bien respirer, et puis je n'aime pas le vide, en voiture j'étais stressée, et à pieds, pas beaucoup mieux. Parfois j'ai du attendre, me calmer, m'éloigner du bord.... J'ai lutté.

Pourtant j'ai aimé cette montagne. Mais loin de moi l'idée de faire de très longues expéditions.

J'ai aimé la regarder se couvrir de neige, j'ai aimé voir le soleil s'y lever, j'ai aimé la montagne la nuit, avec ces petites lumières ici et là, j'ai aimé l'ambiance de là bas.

 

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30 mars 2016

les liens

Là bas c'était facile de créer du lien. Pourquoi ? dès la première réunion, comme nous n'étions pas nombreux, nous avons vite repéré ceux qui avaient l'air d'être chez eux (couple A), nous avons su après que ça faisait très longtemps qu'ils venaient.  Puis il y a eu un repas au restaurant, organisé aussi pour les patients, on s'inscrit ou pas, nous avions choisi de nous inscrire. C'était un petit groupe, sans doute plus facile pour la rencontre. Nous y avons retrouvé le fameux couple (A) qui connaît la maison depuis si longtemps, et puis l'animatrice (C), et puis un autre couple (B), qui venait pour la première année, mais dont c'était la deuxième semaine. Ce couple là était charmant. Et aussi une dame seule (Ae), assez impressionnante par son air désinvolte et son look, mais fort sympathique. Nous avons régulièrement revu le couple A, lui un peu fort en gueule, mais un peu animateur, tout le monde le connait, il participe à l'ambiance. Avec le couple B, nous avons échangé de temps à autre, des gens vraiment sympas, ça passe au premier regard, elle disait qu'elle avait toujours voulu sauver le monde....  Nous avons revu Ae là bas ou dans la rue, elle nous a toujours considérés, elle était dans son monde.

Puis il y a eu la deuxième sortie restaurant, on se met un peu n'importe comment, à notre petite table, il reste deux places libres avec nous deux. Arrive aussitôt un couple avec lequel on fait vite connaissance, et le courant passe très bien. Ils s'intéressent à ce que nous faisons dans la vie, elle a un handicap, elle nous en parle. Vraiment, c'est un bon moment. Nous nous reverrons régulièrement avec toujours un petit mot.

Il y a eu une autre sortie restau, même scénario, un couple s'installe avec nous, c'est à la fin du séjour. Ce couple est agréable, la discussion va bon train, entre elle et moi, il y a plein de points communs, et les hommes semblent s'apprécier. 

Maintenant je vis avec ces souvenirs, là bas tout semble facile, mais pas ici, hélas. Depuis qu'on est revenu, j'ai eu des mails ou des sms de ces quelques personnes. Ici quasiment rien, à part la famille parce que c'était Paques.

Pourquoi ici ça aurait du mal à fonctionner et ailleurs, c'est magique.

Le fait d'être loin et quasi en vacances change la donne ?

Les autres sont ils aussi différents de chez eux ?

J'ai presque envie de dire que j'attends impatiemment l'année prochaine.

Dites moi comment vous vivez vos "ailleurs" ou suis je la seule à fonctionner comme ça ? Je n'ai plus de pancarte autour de mon cou quand je pars, je la laisse ici sans doute, et ça doit changer tout.

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29 mars 2016

sensible Françoise

J'ai regardé hier soir l'émission sur Françoise Hardy... je crois l'avoir déjà vue. Je n'ai jamais acheté un seul disque de cette chanteuse, je l'aimais bien, mais ce n'était pas à ce point. Pourtant j'avoue que je lui découvre quelques pépites.... et puis surtout j'aime ce qu'elle dit, ce qu'elle ressent. Elle a parlé de la honte éprouvée parce qu'elle vivait avec sa mère, sans père. A priori, cela l'a marquée pour toute son existence, la honte étant un sentiment développé chez elle très petite, à cause de sa situation familiale. Et là, ça me fait tilt. C'est si rare d'entendre ça. Pour ma part, j'en ai souvent parlé ici de ce sentiment qui m'habite depuis si longtemps, même si ça paraît totalement disproportionné.

J'ai développé ce sentiment à cause de mon père et de ses tocs. Les tocs, on n'arrête pas d'en entendre parler maintenant, comme d'une maladie presque honorable, ce n'est pas rien pour les proches, et patati et patata. Vivre cela dans les années 60, 70, 80 même, c'était beaucoup moins confortable. Aucune aide, aucun partage, aucun appui. Rien. Le néant. De la honte en face, de la honte ! et rien d'autre.

Voilà pourquoi j'ai aimé Françoise, parce qu'elle en a parlé aussi. Parce que peu de gens abordent un tel sujet. Parce que ça m'a pourri la vie, et cela arrive encore, même si j'ai fait de grands progrès. C'est un sentiment qui se déclenche à la moindre étincelle. Oui, cela m'arrive encore !

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28 mars 2016

Paques

Des enfants absents, une réunion de famille s'improvise avec la belle famille. Je ne me réjouis pas mais je me dis que ça peut être bien, même si au fond de moi je m'inquiète. Chacun apporte quelque chose pour soulager celle qui nous reçoit, qui de plus travaille beaucoup. Toujours la même sensation : pas grand chose à se dire, ou du moins pas comme moi je le pense. L'impression de ne jamais avoir trouvé ma place. L'impression que tout ce que j'ai dit n'est aucunement retenu. Faire avec le temps d'une journée, pas plus. S'il fallait plus, comment ferais je ? Je trouve que lui non plus n'y trouve pas sa place, même s'il ne le dit pas. Il y a parmi l'assemblée des gens pas intéressants, qui parlent tellement fort, qui n'écoutent pas les autres, qui se prennent pour ce qu'ils ne sont pas, et qui vraiment n'ont pas fait grand chose de leur vie, à part vouloir montrer une supériorité. Un seul élement nous rassemble vraiment, c'est que mon beau père vient de subir une opération et à son grand âge, tout s'est bien passé. Chacun semble soulagé. A part cela, je ne vois pas grand chose qui nous rassemble.

Là bas, dans les Pyrénées, j'ai eu plaisir à rencontrer de nouvelles personnes, c'était simple et sincère. Pourquoi alors ça ne fonctionne pas avec des gens qu'on connaît depuis si longtemps ?

On choisit ses amis et pas sa famille.

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26 mars 2016

difficile de se connecter

Canalblog m'informe que ça va s'arranger, c'est à cause de mon anti virus....  difficile de venir jusqu'ici, il faut ruser ...

Et à la vie, se connecter ?

Difficile aussi. Tiens l'anti virus n'a pas fonctionné pour ma fille qui a une belle grippe, et je fais la nounou pour le petit. Et je n'ai du coup pas envie de sortir du tout depuis que je suis revenue. J'ai raté hier soir une réunion de l'asso des anxieux, à cause du petit justement. J'ai raté aussi samedi dernier la rencontre annuelle d'un groupe de paroles que je fréquentais autrefois. Cà ne m'a fait ni chaud ni froid. C'est drôle.

Hier je suis retournée voir mon kiné d'ici. Figurez vous que là bas, j'ai trouvé une kiné espagnole, j'ai fait deux séances avec elle, la première semaine je n'avais pas fait la démarche. Une super kiné. 30 minutes avec elle. C'est elle qui travaille. Elle masse, tourne, travaille l'épaule très agréablement, mais avec puissance, l'impression après qu'enfin elle respire. Et tout le dos avec. On en parle, je lui explique comment se passent mes séances habituellement. Elle me dit que les altères, les poids, ça sert à rien. En salle, ça sert pas à grand chose non plus. Elle me dit que la kiné française ne vaut pas grand chose, enfin elle ne me le dit pas comme ça, mais me le fait comprendre. Par contre, elle me vante la kiné espagnole qui se base sur les mains du kiné essentiellement. Elle était sympa. Dois je la croire ? Comme on dit, elle prêchait pour sa paroisse, mais j'ai bien aimé.

Pour Paques, rien de spécial. Ce sera un week end comme un autre avec un peu de famille quand même.

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24 mars 2016

que se passe t il sur canablog ?

Beaucoup de mal à venir sur mon blog, et les autres de canalblog également. Que se passe t il ?

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Doucement reprendre ....

J'ai encore plein de courriers non ouverts.... pas de motivation. Hier soir j'ai repris le chemin des ateliers CNV, j'ai trouvé ça difficile. Je pense terminer la saison et ne pas reprendre l'an prochain. J'en ai mal à la tête quand je reviens. Nous avons nos schémas de communication, il faut tout reprendre à zéro, tout réinitialiser. Ce n'est pas rien. Cela m'a fait prendre conscience que nous pouvions changer nos modes de fonctionnement, même si ce n'est pas simple. Et je ne suis pas assez studieuse. Une fois rentrée, il faudrait ouvrir son cahier et réviser, ce que je ne fais guère.

Je trouve que je m'en suis bien sortie pendant mes vacances. Moi qui me considérais phobique sociale, je n'ai pas eu beaucoup de mal à entrer en contact avec les gens là bas, pas avec tous bien sur. Entrer en contact ne veut pas dire faire de la CNV. La CNV c'est une façon de communiquer, avec empathie. Difficile de parler et de penser à ce qu'on va dire en même temps, avec toutes les précautions. Il faudrait apprendre cela tout petit et que ce soit naturel. Je me suis engagée pour l'année, je vais tenter d'aller au bout.

Et puis, rentrer et se confronter encore à cette réalité de guerre, alors qu'ici je parle de CNV. Les hommes sont fous, les hommes n'ont qu'envie de se détruire, de nous détruire. J'en suis totalement consternée.

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23 mars 2016

Là bas

Après la chirurgie, les médicaments, tout ce qui n'a pas bien marché, pourquoi pas une cure ? Il faut un accord de la caisse, c'est oui. Un appartement vite trouvé, c'est celui d'un copain d'un copain. Trois semaines différentes. On en parlait depuis quelques mois..... Première semaine : peu de monde là bas, c'est encore une semaine de congés scolaires, beaucoup préféreront arriver après. Dès notre arrivée, nous repérons l'endroit où tous les matins il devra aller. Le premier jour de cure, l'après midi, c'est le pot d'accueil. Nous sommes très peu. Elle nous présente le programme d'animations de la semaine....

Je voudrais dire combien j'ai aimé ces trois semaines, différentes, ailleurs.... Là bas j'aimais tout et (presque) tout le monde ....

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22 mars 2016

plus rien à manger !

C'est à dire qu'avant de partir j'avais peu acheté, c'est à dire que ce qui restait dans le frigo je l'avais emmené.... C'est à dire qu'hier j'ai galéré et aujourd'hui aussi pour trouver des trucs, et là faut vraiment que j'y aille ! même le jardinier a fait des siennes, il a un peu cassé les derniers légumes qui m'auraient arrangée.... reste seulement des poireaux et des navets,   carottes et betteraves disparues .....    c'est à dire que j'ai la flegme d'aller au supermarché avec un gros caddie,   c'est à dire que là bas je m'étais habituée à faire des toutes petites courses tous les jours parce que je pouvais y aller à pieds, que je connaissais personne, que c'était très vite fait et que j'ai trouvé ça très agréable.

C'est à dire que je dois vous laisser parce que là, ce n'est plus possible autrement.

 

 

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21 mars 2016

Par quoi commencer ?

Texte écrit vite fait là bas :

 

Ce matin, il neige, beaux manèges, les flocons dansent à la fenêtre. L'enfance écarquille mes yeux. Blanc, doux, silencieux, le paysage s'apaise et m'apaise en même temps. Tandis que le gave continue de murmurer la même chanson que l'on finit par ne plus entendre, tout autour, les sommets se dessinent et se dressent fiers de leur vallée. Depuis combien de temps veillent ils sur elle ? Tant d'hommes ici ont besogné pourqu'elle s'en sorte. Ils ont déplacé des montagnes. Il faut les entendre en parler de leur histoire, de l'évolution, de leur eau miraculeuse qui fit venir les plus grands dans des époques où les déplacements étaient bien plus périlleux qu'aujourd'hui. Il faut les entendre aimer leurs montagnes et leurs torrents, leurs paysans, leurs bergers... C'est beau, c'est dur et tendre à la fois. Ne pas essayer de tout retenir, les dates, les gens, les épopées.... Impossible, pas assez de place dans ma petite tête. Tiens, il ne neige plus. C'était juste un saupoudrage. Et le soleil a envie de pointer son nez. Les télécabines voyagent sur leur fil, permettant aux skieurs de savourer leur passion. Rien de cela pour moi. Je préfère mes pieds libres au plancher plutôt que ces accoutrements. Les raquettes sont un bon compromis, transformant le touriste hésitant en homme ou femme des neiges pour un moment, cela aide à éliminer les trop nombreux repas pris dans les bons restaurants, les mouvements sont intenses et plus lourds qu'à l'habitude. Les yeux aimeraient malgré tout prendre plus le temps de regarder autour, mais le guide, habitué, donne la cadence et il est plus utile de regarder ses pieds qui doivent composer avec neige et rochers, ruisseaux et terre humide, et puis surtout, trouver son souffle.... Penser qu'on reviendra et qu'on prendra le temps, on s'asseoira là et on observera peut être même une autre saison. Ce sera moins blanc si c'est dans quelques mois. On aimerait bien y voir s'installer l'été. La montagne est si belle, comment est elle arrivée là ?

Et puis ce matin, un sentiment m'approche, Dieu pourrait peut être bien exister, sinon qui aurait agiter la boite pour saupoudrer le paysage ?

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