Une virée ? ça s'improvise vite chez nous.

Un client organise un petit évènement, il nous invite. Et hop, on y va. D'autant plus que je reproche de temps à autre à mon homme de compter pour du beurre. Quand on est phobique social, on veut aller nulle part, surtout ne rien représenter, mais à force, quand on se rend compte que ce sont toujours les autres qui y vont, on finit par se sentir complètement transparent. Cette dualité nous ratrappe toujours.

Nous partons donc pour le sud ouest, nous avons largement le temps d'arriver pour le soir et retrouver à l'hotel deux autres personnes de notre groupe qui ont profité de ce périple pour aller voir du matériel dans la région voisine. A l'origine, on devait aussi aller avec eux. Mais trop c'est trop, faut pas m'en demander à l'exagération. 

C'est mon mari qui a eu l'initiative, pour une fois. Nous aurons donc ce rendez vous professionnel, puis trois jours de liberté que nous nous octroyons.

La matinée se passe bien. Il y a d'autres producteurs invités. Nous découvrons l'entreprise et ses projets. C'est simple, sympa. Nous déjeunons ensemble. 

Et l'après midi, nous rendons visite à un couple adorable connu l'an dernier pendant les soins de cure. Nous les avons avertis, c'est à une heure de là. Nous arrivons un peu plus tard que prévu car nous avons flané en route. Ils se sont mis en quatre pour nous recevoir, et je sens que ça les a tourmentés. Nous dînons avec eux. Ils sont âgés mais speed..... Je me demande bien pourquoi ils sont aussi speed. Elle culpabilise régulièrement de ne rien faire, de juste s'asseoir pour lire, me dit elle. Ils s'inquiètent pour leur avenir. Nous les quittons un peu rapidement car nous avons réservé vite fait un hotel et nous devons arriver avant 22 h. 

La nuit d'avant, dans l'hotel que notre client nous avait réservé, tout était super et pourtant j'ai très mal dormi.

Dans ce deuxième hotel, c'est beaucoup moins bien, et là je dors, je suis complètement crevée. Pourtant il y a des bruits d'avion.... mon Dieu !

Nous avons contacté un autre couple connu dans les mêmes circonstances. Et oui, pendant les cures, on se fait facilement des amis. Je me demande bien pourquoi alors qu'ici chez nous c'est plus difficile. C'est chez eux que nous filons, mais ils s'inquiètent et nous envoient de nombreux sms pour s'organiser. Au début, je pensais juste les saluer. Il s'avère qu'ils ont préparé la chambre et nous y passerons deux nuits dans une superbe demeure comme je n'ai guère vue dans ma vie.

Nous voilà à leur rythme. Pour les soulager un peu, j'avais proposé pour le premier repas qu'ils réservent un petit restau. C'est fait, en plus c'est très bon. J'ai vite compris qu'elle stressait d'organiser notre séjour. Pourtant elle dit qu'elle a l'habitude. Lui mène ces quelques jours tambour battant. Tout est organisé, réglé, mené et nous suivons, j'ai tendance à courrir un peu derrière. Ils nous emmènent visiter Bordeaux en un après midi car refusent d'y aller le samedi à cause des gilets jaunes. On n'y avait pas pensé. Le lendemain nous découvrirons les vignes. Les repas sont simples, on n'est pas exigeant. Nous avons une chambre et une salle de bains pour nous. Tout est assorti, nickel. Tout est réfléchi. Je ne suis pas habituée. Il manque un peu de légèreté, et d'improvisation. Ils vont vite toujours. Retraités, ils remplissent leur agenda de je ne sais quoi. 

Là j'avoue que j'ai du mal à comprendre.

Finalement, il avoue que ça doit correspondre à une peur. Celle du vide ? Il en parle avec sa psy.

Nous repartons, et je me sens à la fois heureuse de partir et pas. Ils se sont mis en 4 pour nous recevoir mais leur rythme ne me convient pas, et leur autorité non plus. Ils parlent beaucoup d'eux, et ne prêtent guère l'oreille à nos récits.

Cà me perturbe. Nous arrêtons déjeuner à la Rochelle. Il fait très froid, je suis un peu mal à l'aise.

Je n'arrive jamais à apprécier les choses ou les gens sans jugement. La fin du séjour est là, je vais reprendre mon train-train. Finalement c'était bien d'être ailleurs et bien occupée, mais toujours se dépêcher, ça m'est impossible.