03 mars 2018

gris gris gris

Oh la la ce soleil qui fait seulement coucou et qui s'en va .... la pluie .... je ne sais pas si c'est ça.

Je me sens triste. Je ne sais même pas pourquoi. Je m'endors. Je voudrais dormir, beaucoup dormir. Je dors beaucoup déjà.

Peut être que cette semaine a trop remué le passé ? il fallait bien de toute façon le faire un jour ce déménagement et nous avons la chance d'avoir trouvé un acquéreur. Voulais je vraiment vendre cette maison ? je sais que si elle avait été placée ailleurs je l'aurais gardée. Mais placée où elle est, au bord d'une route qui est si passagère, aucun plaisir à y passer du temps. Nous aurions pu continuer à la louer mais nous sommes deux, il faut être d'accord, et puis ce sont pas mal de contraintes de gérer des locations.

Hier midi, mes enfants étaient là au déjeuner, c'était cool. Hier soir, rien de spécial. J'ai regardé les césars. D'habitude je ne regarde pas. J'ai apprécié. Je me suis rendue compte que j'étais loin d'être cinéphile, il y a des films dont j'ignorais l'existence, d'autres dont j'avais entendu parler et "le sens de la fête" que j'avais vu mais qui est reparti bredouille. J'ai regretté aussitôt ne pas avoir vu les autres films. Pour aller au ciné, il nous faut faire minimum 15 km. Cà compte. Et puis mon mari ne s'intéresse pas au cinéma. Peut être qu'autrement, on serait plus motivé. Il est d'accord pour venir quand je le suggère, c'est tout.

Aujourd'hui je suis sans aucune motivation. Là je suis dans le bureau, j'ai fait quelques trucs : virements, classement... mais je vois comme une montagne devant moi et je n'ai pas envie.

Aucune motivation : du gris dans ma tête. Il faut que le soleil revienne, que je sorte, que je coupe, que je taille, que je marche.

J'imagine que le téléphone pourrait sonner, là, pour me sortir de ce gris. Rien.

Demain nous sortirons un peu, ça passera peut être.

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01 mars 2018

froidure

Dimanche dernier, nous avons d'abord soigné les animaux de nos enfants absents. Puis nous sommes allés voir ma maison d'enfance pour prévoir son déménagement. L'après midi, il faisait froid et soleil, aussi nous avons décidé d'aller voir mon beau père à pied. On dit à pied ou à pieds ? j'en ai bien deux pourtant. Environ 5 km avec le plus de raccourci. Du chemin, des bosquets, du pré, un peu de route, puis de la forêt, puis du champ, puis du chemin et de la route.... 40 ans bientôt que je suis ici et je ne l'avais jamais fait ce parcours. C'était bien et innovant. Là bas, nous avons discuté une bonne heure et puis retour par chemin et forêt, et chemin. Une autre version. Dans la forêt, par deux fois, nous avons vu des chevreuils. C'est un moment de pur bonheur de les voir de loin. Surtout ne plus bouger.... ne plus respirer. Chut ! juste les regarder. Et soudain, ils se sauvent. Le soleil se couchait devant nous rouge dans le ciel sombre. Là, on est est heureux d'être en vie.

Il fait très froid, mais ce n'est quand même pas la première fois. Je me demande ce qu'ils ont à nous bassiner avec cette météo. On en a vu d'autres. Je vois que beaucoup de gens se mobilisent pour les sans abris, les sdf. J'en suis réjouie. De mon côté, je suis perdue dans la nature. Ils ne sont pas là. Je serais en ville, je pense que je me bougerais pour cette cause.

Hier, nous avons déménagé la maison. Ma soeur, mon beau frère, mes enfants. C'est une petite maison, nous l'avons louée en meublé durant une dizaine d'années. On n'avait pas l'impression qu'il y avait tant de choses à l'intérieur. Il fallait des bras, et des véhicules pour vider tout ça. Quelques tours à la déchetterie, déjà. Sinon nous ramenons beaucoup chez nous, nous avons de la place. Avec la maison, nous vendons des étables et des toits à cochons. Impensable de vendre les uns sans les autres. Je me demande ce que ça deviendra. Le couple de jeunes achète pour réparer la maison et en faire une location. Je ne sais pas ce qu'ils envisagent pour le reste des bâtiments.

J'ai vraiment du plaisir à revoir plein d'objets. Quelques jeux à moi. Beaucoup de vieilleries qu'on avait déjà triées. Ma soeur ne prend pratiquement rien. Elle nous a préparé un repas le midi, j'ai apporté quelques trucs. C'est bien agréable de se retrouver autour d'une table, un peu comme autrefois, c'est si rare aujourd'hui. J'ai un énorme besoin de famille.

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26 février 2018

écrit le 8 octobre 2014

la maison d'enfance

Il me suffit de fermer les yeux et je revois tout. A droite, c'est chez nous, à gauche, chez ma tante et mes cousins. Avant c'était une seule maison, construite par mes arrière grand-parents, dans les années 1870. Au moment de l'héritage , la maison se divise, pour contenter tout le monde, je suppose.

Notre maison, c'est la porte bleue avec des petits rideaux. Une seule porte et à l'étage une seule petite fenêtre pour la chambre. A droite, dès en rentrant, il y a la machine à coudre,  deux se succéderont, la première mécanique puis une grosse machine électrique très embarrassante. Au mur, un thermomètre, un baromètre, une poche pour les brosses et les peignes.

Puis dans le coin, l'horloge. Aussitot, un espèce de placard qui contenait ce qu'on appelait le potager dans le temps, ma mère y logeait quelques trucs.

Puis la cuisinière, d'abord à charbon/bois puis à fuel, j'aimais bien, il y avait souvent des trucs à mijoter dessus, ainsi la maison sentait la pomme ou le café, ou d'autre chose. Puis la cheminée, grande à pierres de granit. Devant il y avait une grande plaque noire qui pouvait servir de tableau noir, ainsi j'ai passé du temps à gribouiller dessus, bien au chaud.

Puis une vieille machine à laver qui fonctionnait quand j'étais petite, il fallait y ajouter l'eau, puis la vidanger, il y avait des rouleaux à tourner avec une manivelle pour l'essorage. Puis elle n'a plus fonctionné, était elle cassée, ou bien était ce trop compliqué, je ne sais plus. Ensuite, c'était le vieux buffet pour la vaisselle, la nourriture, les paperasses, il servait un peu à tout, un jour, avec mon premier salaire, on l'a changé pour un en faux bois. J'aimais bien le vieux buffet avec son tiroir pour moi et mes crayons, mes peintures, mes papiers, mes bricoles, il y en avait des choses.

Ensuite, un fauteuil en paille, le seul de la maison, gagné par mes parents à une loterie, on ne pouvait guère s'asseoir dedans, il était toujours plein de choses non rangées. On pouvait le rallonger.

Puis la vieille armoire, pleine de linge, de papiers, mais aussi de trucs à manger, genre petits gateaux, de boites à coutures, à tricots.

Puis le lit du vieil oncle, qui fut changé à son décès pour un autre lit plus récent. Ma soeur y a couché, et puis moi après.

Il y avait le dessous d'escalier avec deux placards, bleus, on y logeait les casseroles, et les poeles, et surement d'autres choses. Derrière la seconde porte, ce n'était que des vieilleries. Juste après, la télé sur une table roulante, arrivée vers mes 9 ans, une en noir et blanc bien sur. Au dessus, un vieux poste de radio sur une petite étagère. Puis dans le coin, les balais, et la porte de l'escalier qui grimpe à la chambre, celle qu'il faut ouvrir quand la cheminée fonctionne et enfume la pièce.

Dans le coin, un semblant d'évier en pierre qui ne sert qu'à poser les seaux. Nous n'avons pas l'eau au robinet au départ. Puis un jour, grâce à ma tante qui fait installer le service d'eau, mon père se décide aussi. Ainsi nous aurons seulement l'eau froide à cet endroit. Puis une petite table qui sert de desserte, elle vient d'un héritage d'une tante de ma mère, le gaz à deux feux, sans four, au début, puis un jour, une gazinière avec un four mais j'étais déjà grande. Puis un miroir au mur, c'est là où on peut se laver et se coiffer le matin. Puis un vieux compteur d'électricité. Par terre une bassine, petite, pour se laver les mains.

Au milieu une table recouverte d'une toile cirée que l'on ôtait le dimanche, et quelques chaises autour, et un vieux tabouret.

En haut, le passage dans le grenier, dans son jus, il y fait froid, le pot de chambre,  puis la chambre : un grand lit pour mes parents, un autre pour nous deux, et même un petit lit de bébé qui nous avait servi et qui après n'était qu'un dépotoir. Une table ronde, où j'ai fait mes devoirs un temps. Une armoire pour nos habits, le linge et les papiers. A la fenêtre, une veille guenille en guise de rideau. Un buffet en deux corps, gagné aussi à une loterie, contenait de la vaisselle, des bijoux, des images, du linge, des bondieuseries, l'accordéon et tant de choses encore.

C'était ma maison. Elle fut modifiée pour mon père, une fois rentré de l'hopital, elle manquait de confort, alors en quelques mois, une chambre fut créée dans le garage, au rez de chaussée, et une salle d'eau - wc. Les meubles ont un peu changé de place. Cette maison est louée maintenant.

 

Je suis heureuse d'avoir écrit ce texte un jour où vraiment c'était nécessaire pour moi. Je pourrai au moins le relire et la faire revivre. Bientôt la maison sera vendue. Le compromis est signé. Rien que de l'écrire, les larmes viennent.

Posté par melancolie85 à 12:17 - Commentaires [12] - Permalien [#]