Je m'en doutais. Les retours sont toujours difficiles. Comment expliquer ? Là bas, bien entendu, aucun souci. Que du bon temps ! il est bien évident que ce n'est pas la vie. Des rencontres intéressantes. Des activités intéressantes. Je me plais à constater que je n'ai pas de difficulté à tisser du lien social facilement. Ma fille et son petit sont venus nous rejoindre les derniers jours. Nous avons participé ensemble à un atelier cuisine. Enfin prendre son temps. C'est si précieux. Dire aurevoir autour d'un goûter improvisé à deux couples que j'ai beaucoup appréciés. Ils me manquent depuis mon retour. Est ce idéaliste de penser que là bas c'est mieux qu'ailleurs ? Sans doute.

Une semaine. Celle de mon anniversaire en plus. Encore plus difficile. En finir du linge qui traîne, en finir du rangement. Reprendre la chorale dès le lundi, plutôt une bonne chose pour moi. Puis les fériés. Les laisser passer sans rien de plus. Trainasser. Tenter de se remettre en route. Le jour d'anniversaire et son lendemain furent compliqués. Mon amie qui ne loupe pas d'habitude ce jour là me prévient qu'elle ne peut venir. Je me décide à aller acheter des gâteaux car je n'ai pas l'énergie pour en faire. En vain, personne ne viendra. Il m'est arrivé bien des fois dans ma vie de ne recevoir aucune visite ce jour là et de ne pas en faire un plat. Mais là, vu que je me débats, je suis d'une tristesse incroyable. Ma soeur m'a appelée, elle ne se déplace jamais. Un appel, c'est déjà ça. J'apprends que mes belle soeurs se retrouvent autour d'un atelier couture, avec des jeunes de la famille. Au début, je supporte l'idée et puis ça devient insupportable. Le lendemain j'adresse des sms à celle qui a organisé, et qui a daigné m'envoyer un sms tard le soir, pour dire mon ressenti. La CNV me sert. J'ai appris à ne jamais dire "tu". Je parle en "Je". Je dis ma tristesse. Elle me répond que rien n'était pas prémédité. Encore heureux !

Le lendemain, ouf, avec tous nos enfants, nous allons au restaurant pour l'occasion.

Quand vais je apprendre à ne plus rien attendre des autres ?

Quand vais je gérer cet égo surdimensionné ?

Ma lutte continue.