Ils ont prévu leur périple. Partir maintenant pour moins souffrir de la chaleur, pour arriver à une date qui leur convient, parce qu'ils ont des impératifs, parce qu'il y a peut être un peu moins de monde. Ils n'avaient pas prévu autant de pluie, mais voilà, on ne peut pas tout prévoir.

Ils ont prévu leur sac, leur duvet, leurs habits, leur cape de pluie.

En mars, déjà j'avais eu des demandes que j'avais refusées car, à chaque fois, je n'étais pas disponible.

Cette semaine, j'ai accepté deux hébergements, mercredi soir, et jeudi soir.

Et jeudi, dans l'après midi, j'assistais à ma deuxième réunion des accueillants du département. Très intéressant de se retrouver avec les autres. Tour de table. Présentation. Dire ce que l'on souhaite dire. J'en ai profité pour dire que je disais souvent non. Par manque d'énergie. Et mes propos ont été très bien accueillis. Pas de contrat. Pas d'obligation. Faire ce que l'on peut. J'ai été entendue et les autres participants ont apprécié. Peut être n'osaient ils pas en parler ? Dire non, c'est aussitôt se sentir coupable. Mais, pour accueillir, il est nécessaire d'être en phase avec soi même. La réunion s'est terminée avec le verre de l'amitié. J'ai rencontré des personnes accueillantes aux étapes d'avant et d'après chez moi. J'ai vu dans leurs yeux qu'on était en accord.

Le premier homme était touchant. Au fil de la conversation, nous avions de nombreux points communs. Il tentait de cacher son mal être. Puis, à la suite d'une question, il s'est révélé hypersensible. Traumatisé dans l'enfance, il galère aujourd'hui pour les relations sociales. C'est donc un véritable défi pour lui d'arriver chaque soir chez quelqu'un qu'il ne connaît pas. Là où il habite il n'arrive même pas à inviter ses voisins chez lui. J'espère qu'il va bien cheminer et trouver la paix.

Le deuxième était plus sur de lui, les échanges étaient tout aussi intéressants.

J'aimerais que d'autres personnes acceptent d'accueillir mais pour l'instant, ma quête est sans réponse.