Elle est là, tapie dans l'ombre, prête à bondir. Pourtant je ne cesse de l'apprivoiser, de lui dire de se taire.... Ce week end, elle m'a encore fait une farce. J'aurais voulu la balancer par la fenêtre, mais elle s'accroche. Impossible de m'en débarasser. Il y a eu une réunion de famille. Je pense que déjà j'avais peur avant qu'elle ne commence. Un peu les jours d'avant. A la différence des autres années, nous avions réservé ailleurs, un autre restaurant, histoire de varier, de ne pas avoir de bar juste à proximité, sinon beaucoup y passaient leur temps. J'ai initié un jeu pour se placer, une amie m'en avait parlé quelques jours avant. Un numéro à chaque assiette, et puis un tirage au sort par chaque invité, et voilà notre place trouvée. Je l'ai proposé à mes belles soeurs juste en arrivant. Vite un crayon des papiers, le tour est joué. C'est une d'elles qui a fait faire le tirage au sort. Une fois de plus je suis restée dans l'ombre. Pas si grave. L'intérêt était de casser les clans car sinon c'est toujours le même plan de table. Certains n'ont pas aimé et une belle soeur a déjà émis l'idée de faire quelques exceptions. J'ai dit non, on ne cède pas. Après cela, je crois que j'ai été mal toute la journée. En conclusion, la plupart a trouvé ça intéressant, ça donnait l'occasion de parler avec ceux qu'on ne parle pas d'habitude. Moi même me suis retrouvée en face d'un ado pas très intéressant mais j'ai joué le jeu.

Et puis d'autres n'ont guère mangé, (nous avions choisi le menu à trois personnes, moi, mon mari, une belle soeur), prétextant ne pas aimer ceci ou cela. Même un grand adulte qui n'a pas compris que sa mère ait choisi une viande qu'il n'aimait pas du tout.

Certains aussitôt le repas sont partis faire des courses.... Etait ce bien le jour ?

La plupart a joué, joué et rejoué. Moi aussi j'ai joué parce qu'il fallait bien passer le temps. J'ai beaucoup serré les dents. J'ai eu des envies de fuir les lieux de nombreuses fois. J'ai résisté. Le soir nous avions à nouveau un buffet.

Nous avons quitté la salle, j'en aurais pleuré.

Hier, personne ne s'est inquiété de nous. Les autres dormant au même endroit se sont surement réunis.

Silence.

Vous avez bien compris, celle qui est toujours présente, c'est mon hypersensibilité qui m'entraine dans des tourbillons d'émotion.

Mon mari me dit que j'ai raison sur tout, mais que j'exagère tout.

Débrouille toi avec ça ma pauvre petite.