Je n'écris plus guère. Sans doute, il fut une époque où il me fallait livrer tant d'angoisses, tant de conflits. Il y en a moins aujourd'hui. J'ai beaucoup raconté aussi ma mère. Elle n'est plus là depuis deux ans. Plus rien à dire de cette vie à la maison de retraite. Il y avait toujours à écrire sur le sujet, même si j'ai sans doute souvent eu tort dans ma façon d'interpréter. Avec le recul, je me rends compte que nous avons du être trop exigeants, que les soignants font ce qu'ils peuvent avec les moyens qu'ils ont.

Je suis de nature très exigeante. Enfant je ne l'ai pas été. Mon père était tyranique, c'était lui l'exigeant, même si cela était sans doute dû à la maladie. Trop exigante sans doute, cela n'est pas facile à vivre en société.

Et là d'un coup, je pourrais vous parler de ce vide intérieur que je ressens parfois. Comme en ce moment. Je sais que ça passera. Je sais que je l'ai senti déjà bien des fois. Je sais que je n'ai aucune raison de le sentir, là, en ce moment. Aucun évènement extérieur ne me met dans cet état là. C'est juste moi. Cela passera. C'est l'automne peut être. C'est le changement de saison. J'ai comme froid au coeur. J'attends je ne sais quoi. Je peux vite redevenir joyeuse s'il le faut parce que je ne vais pas faire savoir au monde entier que je me sens vide.

Mon week end a été occupé. Un ciné samedi : le sens de la fête avec Bacri, justement quelqu'un qui représente bien l'agacement, la mélancolie, la dérision, l'ironie, l'humour..... j'adore. Hier, un petit repas au restaurant avec un couple, une promesse faite. Une balade aussitôt dans un coin de verdure. C'était bien.

Et pourtant ce vide.... Cette mélancolie. Oh non pas de vilain comprimé, oh non.... Juste le temps qu'il faut.