Ca paraissait pourtant simple

Elle aimait écrire, et chaque semaine elle lui adressait une ou plusieurs lettres. Il les lisait, il se disait qu'il pourrait peut être y répondre mais il ne le faisait pas. Ca paraissait pourtant simple.  Durant trois ans, les lettres arrivaient chez lui une à une, s'empilant, attendant une réaction. Non, il n'y répondrait pas. Il n'aimait pas assez les mots pour ça. Elle continuait ce non-échange, se répondant presque à elle même. Elle ne se fatiguerait jamais d'écrire. Elle entreprit trente huit ans après de relire toutes ces lettres entassées dans la boite, et elle vit se dérouler une partie de sa jeunesse, des faits qu'elle avait presque oubliés, des états d'âme, des hésitations, des joies, des peines, des rêves. Finalement, elle n'avait guère changé. Lui non plus, il n'aimait toujours pas écrire.