Même avec eux je me sens seule. Hier, il (un ami) avait prévu un pique nique et nous avait sollicités avec aussi un autre couple. Ceux avec lesquels nous sortons le plus souvent. Il avait envoyé un mail dans la semaine puis, plus rien. J'ai relancé lui laissant le champ libre pour le choix de l'endroit. Il a annoncé les couleurs. Nous connaissons. Il tarde à donner plus de détail. Nous convenons d'une heure et comme les autres semblent ne pas trop connaître la route, j'indique. Une fois arrivés là bas, finalement il s'est gouré de nom, ce n'est pas là qu'il souhaitait venir. Mais c'est quand même là que nous resterons pour la journée. Il fait toujours trop de soleil, ou trop d'ombre. Nous mangeons trop vite, lui souhaite manger pendant des heures, pas nous c'est sur. Je m'en accommode. Puis nous partons pour une très jolie ballade au bord de l'eau. J'ai l'impression d'être la seule à me soucier du chemin, à chaque fois où il y a hésitation, on se retourne vers moi, alors que je ne l'ai jamais fait ce sentier, j'ai juste regardé sur internet avant de partir pour voir ce qu'il y a à faire là bas. On s'écarte un peu du chemin pour visiter un bel endroit. Maintenant il faut le retrouver. Ils ont envie de rebrousser chemin alors que depuis le début je leur dis qu'on peut faire une boucle. J'ai l'impression de ne pas être entendue. Mon mari est dans leur camp, je le sens. A partir de là je me sens seule comme jamais. Avec toutes mes angoisses et mes inquiétudes. Eux marchent sans rien chercher, juste un pied devant l'autre. J'aimerais prendre des photos, mais je sens que je vais retarder le mouvement, et que personne ne prendra la peine de m'attendre. Je me sens à nouveau très seule avec mon appareil photo, les autres ne partagent pas ce goût là, ou du moins pas pour les paysages bucoliques que l'on a sous les yeux. Encore une fois, je constate à quel point je suis différente. A la fois, je veux être avec les autres mais ça me cause des soucis de comportement. Je dois tout faire pour garder mon calme et ne pas exploser. J'exploserai plus tard quand ils seront partis. Oui vous me direz que je dois tolérer les autres. Bien entendu. Mais malgré tout, je me trouve des excuses. J'ai eu peur de ne pas trouver le chemin tel qu'annoncé sur le net le matin. Nous l'avons enfin trouvé mais je n'étais déjà plus sereine.

Je continue de lire tranquillement le livre de Elaine Aron, il faudrait que j'en lise plus. Je suis d'une autre espèce, pas comme eux. Ils ne peuvent pas me comprendre, je ne peux pas expliquer. C'est sans lendemain. Parfois, j'aimerais ne plus me fatiguer à tenter de vivre avec eux.

Est ce que vous, chers lecteurs, vous vivez des moments où vous vous sentez complètement à côté ?