Tandis que ces derniers jours étaient des plus maussades, avec un coeur à l'envers, ressentant très fort ce temps de fête qui me parle des humains en général, je galère, je galère..... Je me perds dans mes idées de repas qui me tourneboulent et c'est le chaos. Aucun des mots qui me sortent de la bouche n'est bon et généreux, je suis la colère, toute entière, puissante et dévastatrice. Je le reconnais mais c'est comme si quelqu'un d'autre m'habitait. Tout le monde en prend pour son grade, enfin quand je dis tout le monde, c'est mon homme et mon grand fils qui sont présents. Parce que sinon c'est très vide. Aucun appel, aucun sms, aucun mail,  sauf les réponses à ceux que je fais de moi même. Je me méfie vraiment de la bonté de l'humain dont on parle si bien,

jusqu'à ce moment là ......    Je suis au plus mal, je ressens le désordre, je pleure.... Un appel, un, j'hésite à décrocher, c'est elle.... l'amie, celle qui a été ma voisine pendant longtemps. A t elle senti de loin ?  Elle me propose une petite rando.   J'hésite, je lui dis que je ne suis pas fréquentable en ce moment, qu'elle va y perdre, mais elle me rassure, elle connait ce genre de moment, elle s'en fout, elle veut marcher. Elle passe me prendre. Nous ferons 8 kilomètres en pleine nature, au soleil, les gros godillots aux pieds, l'épaisse polaire, le mouchoir dans la poche, et nos mots.

Elle est la main tendue, celle dont on a besoin, si souvent. Elle me ramène, ce n'était pas joyeux, joyeux mais c'était la parenthèse, l'oxygène.

Depuis, nous avons pu rediscuter avec mon mari. Nous avons décidé de ne pas faire de repas, parce que l'un comme l'autre, nous n'en avons pas envie, nous sommes malheureux, et ne voulons pas affronter ceux qui nous ébranlent. Ils sèment la discorde même chez nous, parce que lorsqu'on est mal dans sa tête, on est mal n'importe où, avec tout le monde.

Hier, il est allé le dire de vive voix, et calmement, sans moi. Nous sommes trop malheureux, nous n'organiserons pas de repas pour l'instant.

Ce n'est pas très glorieux de notre part. C'est très certainement de l'orgueil. On pensait être important, on ne l'est pas. Je suis contre l'orgueil, je ne pensais pas être orgueilleuse, et tout me dit que je le suis.

Il paraît que nous sommes les seuls à réagir comme ça, que les autres familles n'ont rien dit, qu'ils se réjouissent. Ils sont bien plus forts que nous sans doute.

Même mon grand fils est malheureux, il l'a dit. Il ne comprend pas.

La main tendue, c'est celle qui nous apaise, nous fait du bien. Faut il avoir connu de grands précipices pour être à son tour la main tendue pour quelqu'un d'autre ? Mon amie a connu les grands précipices, c'est heureux qu'elle n'y soit pas tombée.

J'ai envie aussi d'être la main tendue quand je suis forte pour quelqu'un qui tombe.

Je voudrais que 2015 soit l'année de l'apaisement, celle où je noue de nouveaux contacts tout neufs et beaux et enrichissants, certes il y aura la naissance attendue, ce sera peut être le nouveau contact qui me fera passer à autre chose.

Je vous souhaite beaucoup de mains tendues et beaucoup de joie et d'entraide à recevoir et à donner.