Cette nuit, je dormais mal, je pensais à ma mère. Je suis allée la voir hier. Je n'y étais pas allée depuis jeudi dernier. Je ne sais pas si elle me reconnait. Elle ne parait pas me considérer comme une étrangère mais il n'y a rien qui me dit qu'elle me reconnait. Elle avait un bleu au front. J'ai pensé qu'elle était tombée. J'ai sonné. Personne ne venait. Je suis sortie dans le couloir. Quelqu'un m'a vue et a appelé l'aide soignante. Je suis repartie dans la chambre sans dire un mot, mon visage devait être expressif avec l'air exténué d'attendre. M. est venue et m'a dit que ma mère était tombée dans la salle d'eau malgré qu'elle soit tenue par une soignante. Vu qu'elle ne s'aide pas du tout, elle lui a échappé. Cà m'a fait mal. Je ne sais pas qui est cette soignante, je n'ai pas osé demander. Ils ont mis un montauban en place pour que ce soit plus facile. M. m'a dit que ça devenait compliqué, elle ne répondait plus à aucune commande, ne savait plus ce que ça voulait dire. Ils devaient s'adapter. Sinon elle est calme dans son fauteuil. Pour se coucher, c'est difficile aussi d'après M. Elle se montre très nerveuse. De plus, dernièrement, j'avais vu le médecin coordinateur qui m'avait dit que l'oxygène était mis à ma mère à la demande, alors qu'à un moment, elle l'avait tous les jours un nombre d'heures prescrit. Hier j'arrive elle l'avait. J'en parle à M. qui me dit que c'est normal, elle l'a tant d'heures par jour comme prescrit. Je lui relate ce que m'a dit le médecin, qu'il n'y a pas de régularité, que c'est à la demande. M. n'a pas cette consigne. Deux discours différents dans l'établissement.

C'est quoi ce bazar. L'envie de se mettre en colère est là, bien présente, pour moi. Mais je vais me contrôler. Ailleurs, serait ce mieux ?

Nous allons voir ma mère, ma soeur et moi, chacune à notre tour, régulièrement. Que peut on faire d'autre ?

Parfois, je culpabilise. Nous aurions du nous en occuper. En étions nous capables ? cela fait 10 ans qu'elle est dans cet établissement. Elle y a eu une vie sociale au début. Maintenant, elle n'a que nos visites à nous.

Elle est en fin de vie. Elle s'accroche.

Cela m'a empêché de dormir, j'avais peur.