Hier je me réjouissais à l'idée de l'atelier du soir, un atelier de rattrapage. Normalement c'est tous les 15 jours. Mais une fois l'atelier avait été annulé, on n'était que deux. Alors on avait décidé de le reporter. Et c'était hier. Et pour l'occasion, c'était chez R., comme souvent. Et nous apportions de quoi grignoter. Je suis arrivée seule. Cà m'impressionne toujours quand je vais là bas, la maison est mystérieuse, isolée, et immense. J. est déjà arrivé. Et les autres nous rejoignent : nous sommes 5. L'orage menace, à travers une immense vitre, on a droit au spectacle de la nature qui s'affole. Nous allons manger et écrire simultanément, ce qui n'est pas si évident que ça. J'ai apporté des verrines, les autres ont apporté une quiche, des boissons. Ce sera complété par un petit ramequin tout chaud, et un dessert aux bananes. Nous mangeons à notre rythme, chacun, du bout des lèvres le plus discrètement du monde.

Encore une fois, je me débrouille avec mes mots à moi, simples, parfois cinglants, sans aucune connaissance particulière...... Cà passe....

Ils parleront vite d'auteurs et de livres que je ne connais pas, parfois cela me gêne un peu, mais pas tant que ça. Je ne pense pas pouvoir rattraper ce retard de culture. On dirait qu'ils ont avalé des bibliothèques. P. nous dit que chez elle il n'y avait pas la télé, alors elle a lu, beaucoup lu. Moi c'est vrai, j'ai préféré sans doute la télé. Et puis il y avait peu de livres et surtout peu d'encouragement à lire. Sauf à l'école.

Je me souviens de quelques livres qui ont traversé ma vie: le Général Dourakine (gagné à l'école) - le Grand Meaulnes (gagné à la pompe à essence) - Elise ou la vraie vie (étudié en BEP) - Les mémoires d'une jeune fille rangée (étudié en BEP) et puis je me suis abonnée à F.L. au moins j'étais sure d'avoir des livres sous la main, mais je n'ai pas tout lu, hélas, je n'y ai pas vraiment pris goût. J'avais commandé Zola, j'avais l'idée de tout lire. Non.

J'enrage de les entendre citer des noms. Je n'ai pas fait l'effort. Je ne m'accorde pas ce temps.

Mes livres sont dans des caisses, à cause des travaux, faut que je les range bien et beau, peut être je vais les lire.

Nous nous sommes quittés, contents de notre soirée, l'orage s'était calmé. J'ai raccompagné J. chez lui car il n'avait pas de voiture.