gris.
On se croirait en automne. Pourtant ce week end ne m'a pas déplu. Peut être que le gris me va bien.
Samedi soir, nous étions invités chez une cousine. Nous devions lui apporter du bois et restions diner. Lorsqu'elle m'a téléphoné, elle ne me parlait pas de mon beau père avec lequel elle s'entend très bien. J'ai osé lui suggérer "veux tu qu'on l'emmène" ? elle m'a dit qu'elle y avait pensé mais qu'elle craignait sa réponse car il n'aime pas sortir le soir. Elle m'a chargé de lui demander. Mon mari a proposé donc à son père qui ne s'est pas fait prier. Nous voilà partis tous les trois avec notre petit chargement de bois dans la voiture. Cette cousine est la deuxième femme d'un cousin de mon mari. Il est décédé maintenant. Il avait racheté la maison des grand parents (parents de ma belle mère) et l'a remis à son goût. Donc B. continue à venir ici à chaque vacance et ouvre facilement sa porte à la famille. Elle vient maintenant avec sa mère vieillissante qu'elle ne veut pas laisser seule en Normandie. Y séjourne également souvent sa belle soeur F. qui est célibataire. Je crois même qu'elle y vient quasiment chaque week end depuis qu'elle a déménagé de Paris. La semaine, elle vit chez une tante qui est seule, elle a son travail dans la ville où elle habite. Le feu dans la cheminée rendait l'atmosphère conviviale et nous avons eu du plaisir, après avoir rentré ensemble le bois, à prendre l'apéritif et à dîner simplement dans cette maison d'autrefois. J'ai senti que le moment était agréable, qu'il ne provoquait aucune mauvaise émotion, juste partager quelque chose ensemble, sans aucune prétention. Je me suis sentie soudain très vivante et requinquée.
Dimanche, je me suis levée tard. Il y avait quelqu'un dans la cuisine avec mon homme. Je n'osais avancer, dans ma vieille robe de chambre bleue. Il m'appelle en me disant c'est D. Alors si c'est D. je peux venir c'est sûr. Il ne fait pas attention. J'assume, je suis une dodo. Je n'ai pas quitté la maison de la journée. J'ai fait mon poulet/pommes de terre nouvelles dominical. Nous avons également allumé la cheminée, je me suis installée là à classer des papiers de l'asso qui traînaient depuis longtemps et que je devais renvoyer à la fédération. Puis j'ai regardé la télé : 7 à 8. Nous avons même dîné dans le salon, pas super confortable, mais un petit côté rigolo, et nous avons regardé "un prophète". Dur, dur à regarder. Et pas tout bien compris. Mais poignant.
Finalement, je me suis bien reposée, j'ai ressenti un bien être. De plus en plus, je pense comprendre qu'il ne faut pas chercher bien loin pour se sentir heureux. Etre conscient. Apprendre à le devenir.
il pleut !
encore aujourd'hui. Heureusement, il a fait suffisamment beau dernièrement pour que les travaux des champs urgents se fassent en bonnes conditions. Il en reste à faire mais c'est moins pressé. Le maïs est semé.
J'ai pris le temps de faire deux grandes balades, deux fois la même, celle habituelle dans la forêt, jeudi toute seule, j'ai apprécié les chants d'oiseaux, la nature, j'ai eu un peu peur en croisant un jogger une première fois, puis quelques minutes après, entendant du bruit derrière moi, je me retourne, c'était encore lui. On me dit tellement que je ne devrais pas faire cette balade seule, mon coeur a battu plus fort le temps qu'il me dépasse en me faisant un grand sourire. Ouf. Pas un seul chevreuil. Rien. Que les oiseaux pour m'accompagner. J'avoue que marcher seule est totalement différent. Hier j'ai donc refait la balade en compagnie d'une amie, comme prévu : nous avons bavardé tout le long. Je n'ai rien vu du paysage, rien entendu. Elle ne s'est pas exprimé là-dessus. J'avais tout vu la veille alors ça ne me dérangeait pas. Mais elle ? 9 km deux jours de suite, j'ai tenu. Aujourd'hui il pleut donc je ne marche pas. Mais demain peut être. Je me teste et aussi je vise quelques kilos en moins, enfin peut être.
En ce moment, je suis spectatrice d'une histoire qui semble s'effilocher. Celle de mon jeune fils et de sa petite amie. J'ai juré ne pas me faire avoir une nouvelle fois par les ruptures de mes enfants. Il ne dit rien. Mais je pressens. Je le vois s'éloigner. Malgré tout, je sens que je suis sensible. Je voudrais que ça se passe loin de moi. Mais ils vont et viennent chez moi. Peut être je me fais des idées. Ils font leur sortie chacun de leur côté, surtout lui. Presque deux ans. Même chose qu'avec l'ex. Deux ans et je pense qu'il se lasse. Trop jeune bien sûr. Et elle tellement sérieuse. Trop sérieuse pour lui. J'aimerais vraiment ne pas assister à ça. J'ai le coeur trop sensible, ça me fait mal pour elle. Pourquoi j'ai cela à vivre ? mes 3 enfants ne m'ont pas épargnée sur ce plan là. Est ce pour m'endurcir ? Ce n'est pas calculé bien sûr mais il paraît que la vie nous envoie les situations à dépasser. Quel est donc le message pour moi ? Que rien n'est jamais acquis. J'ai souhaité étant enfant, quand ça allait trop mal, que mes parents se séparent. J'aurais vécu ça comment ? peut être pire. Je suis bien trop sentimentale. Et tout cela me perturbe.
Pourtant dernièrement, j'ai eu des moments de grande conscience de ma vie telle qu'elle était et de ses bienfaits. Avec ma fille, un soir, nous avons parlé des difficultés par rapport aux groupes parce qu'il était question encore une fois du gala et de l'attitude des gens. Elle me disait que c'était partout pareil et que finalement on pouvait voir ça autrement : c'était les groupes qui étaient fermés puisqu'ils se complaisaient entre eux et n'avaient aucune ouverture vers le monde extérieur. Ainsi les gens comme moi, on sortait du lot, on avait cette conscience des autres. C'est beaucoup plus intéressant vu comme ça. De toute façon, je ne pense vraiment pas que tout va changer pour moi désormais. Je dois faire avec.
les derniers jours
Un peu de baume au coeur pour mon anniversaire : quelques visites spécial anniversaire m'ont fait le plus grand plaisir, quelques messages aussi, juste comprendre que je ne suis pas totalement anonyme.
C'était le week end gala : j'ai tenu parole - je ne me sentais pas vraiment à l'aise avec ça- vendredi je suis allée chercher la monnaie et la porter à une personne bénévole. C'est ma seule action. Rien que ça faisait monter l'angoisse, c'est bien suffisant. Hier soir, je suis allée en spectatrice avec ma fille, un peu dans mes petits souliers quand même, car je fais toujours partie des bénévoles, mais à ma sauce. J'ai forcément croisé d'autres personnes, pas de problème avec certains, plus de mal avec d'autres. Toujours cette sensation de clan. Mais j'observe aussi des gens seuls dans la salle. Cà me fascine. Comment vivent ils cette solitude d'un soir ? Cà leur pèse ou pas ? sont ils gênés ou pas ? J'ai plutôt l'impression que non, mais je n'ai pas fait de sondage alors je ne le saurai jamais. Le président cite les bénévoles à la fin du gala, deux sont présentes sur scène, il me cite aussi, ça me fait un peu plaisir quand même puisque je travaille encore un petit peu pour eux : c'est moi qui tient les comptes. Je regrette. Si je n'avais pas ces fouttues angoisses, cette peur des regards, je ferai bien entendu autrement. Je vivrais plus à fond. Mais à quoi bon rêver ? les choses sont ainsi. Déjà pas si mal. Je sors de chez moi. J'ai quelques relations. Tout n'est pas noir. Mais je reste persuadée que je me prive d'une vie plus intense.
Aujourd'hui, c'est calme pour moi. Je vais aller visiter ma maman tandis que mon homme a bien des occupations aux champs.
J'ai oublié de dire que le spectacle était beau, le style évolue plutôt vers le contemporain, la deuxième partie était donnée par un groupe professionnel. Cà en met plein les yeux. Tout le monde avait vraiment l'air content.
c'était mon anniv'
hier alors je vous offre un petit morceau pour fêter ça !
cerveau en vrac
période de vide total ! laisser passer, laisser passer ! c'est douloureux le vide. Anniversaire demain. Qui ? personne. eux peut être. Temps gris. Idées grises. Pas d'idée du tout. Gateau. Je sais pas. Pour qui. Lequel. Prévoir. Israel. Pas mal. Besoin de prévoir. Boulot à faire. Oui. Gala. J'irai, j'irai pas ? Pas besoin de moi. Se débrouillent bien. Douleur. Dormir. Rester dormir. Pont raté. Pas de pont. Apprendre à méditer. Accepter le rien. Arrêter les plaintes. Seule à ressentir ça. Jamais contente. Pourvu que. STOP.
samedi j'ai aimé/pas aimé
J'ai aimé être présente avec ma mère à l'AG de sa maison de retraite, pour la réunion, puis le repas samedi dernier. Alors que des amis visités juste après m'ont dit "ça doit être barbant ce truc là", j'ai répondu que non, moi ça ne me gênait pas, j'aimais bien. Je trouve normal d'accompagner son parent à cette fête une fois l'année, mon mari m'a rejoint pour le repas, nous étions placés avec une autre famille très gentille que je connaissais un peu.
J'ai aimé ne sentir aucun malaise pour me rendre à cette fête. Pourquoi là rien ne me gêne et que dans d'autres situations c'est tellement difficile ?
J'ai aimé passer voir ces amis de mon âge (tous les deux) car ça faisait longtemps et bavarder.
Je n'ai pas aimé me rendre compte que mon oncle était seul à cette fête de maison de retraite. Il a 4 enfants, je leur avais quelque temps avant envoyé un mail et je n'ai même pas eu de réponse.
faire semblant
La veranda prend forme petit à petit, la structure est montée, reste le travail de l'étancheur et du plaquiste. Puis le sol : parquet, carrelage ? on n'en sait rien encore. Puis aménagement, alors là c'est le néant : on met la table et les chaises dans la partie ancienne ou sous le puits de lumière, et on fait la partie salon où ? hum hum ! va falloir ruminer. Je vais être bien dans cette veranda. Je m'imagine des dimanche après midi à lire, bien installée, sans me soucier de rien d'autre, solitaire sans culpabilité, parce qu'au fond, je crois que je suis une solitaire. J'aime beaucoup les gens mais pas trop longtemps. J'ai vite besoin de retrouver mes repères, mon intimité. Est ce propre aux phobiques ? parce que dès qu'on s'expose un peu, cela demande de l'énergie et on se vide alors il faut récupérer. Drôle de fonctionnement d'un corps qui vieillit, mais ce corps jeune était pareil. Je fais si souvent semblant d'être comme tout le monde. Et si tout le monde faisait semblant ? je me demande. Je voudrais être dans la tête des autres pour savoir comment ils vivent certaines situations. Je voudrais être sure de ne pas être seule à ressentir cette gêne parfois. Ne pas être la seule au monde qui bataille. Bien sur que je ne suis pas la seule au monde. Et même que je m'en sors pas si mal par rapport à d'autres. Mais faire semblant, ça prend tout mon temps. Faire semblant de savoir, faire semblant d'être performante, faire semblant d'être à la hauteur, faire semblant de ne pas être triste, faire semblant d'être à la bonne place, faire semblant d'être moi. Et pourtant moi, je ne sais même pas qui je suis. L'autre jour, j'ai rencontré quelqu'un qui se dit medium, en discutant il m'a dit que j'avais toujours à mes côtés mon grand père paternel, bien sur c'est lui qui le voyait, je me demande bien comment ça marche ça, et tout à coup, je me suis dit : c'est bizarre, j'ai à coeur de retracer la généalogie de ce côté là, vraiment à coeur, parce que cette famille, on dirait qu'elle a besoin d'être réhabilitée, et j'ai l'impression de devoir faire quelque chose. J'ai plein de cousins mais ça n'intéresse que moi. Croyez vous à cela ?
quelques nouvelles
J'ai un peu délaissé ce blog, d'ailleurs c'est encore pour moi la grande question, à quoi sert il, à qui sert il ? ce n'est que du bla bla, j'aimerais pouvoir écrire des choses plus intéressantes, des sujets d'actualité, de la politique, des grandes idées, mais hélas je ne peux le faire, je n'ai pas la culture. Tout à l'heure, j'ai cherché le livre sur le net "la culture générale pour les nuls", je ne l'ai pas commandé mais ça pourrait venir. Lundi soir, à l'écriture, je me suis sentie inférieure alors que les deux autres personnes parlaient musique en connaissance de cause, j'ai écrit quand même parce que je reste en surface mais ce qu'elles ont fait me semblaient beaucoup plus fourni. Je sais que ce n'est pas grave, mais on voit bien pourquoi les groupes d'amis se forment parfois, c'est souvent en relation avec le niveau de culture. Bon, c'est pas toujours vrai mais..... Je culpablise tellement. J'aurais pu apprendre quand j'étais plus jeune, j'ai eu du temps, non j'ai passé mon temps à ruminer sur ma vie, la vie de mes parents. Il m'aurait fallu comprendre plus tôt.
Le week end a été festif. Samedi sous une pluie constante, nous avons marié notre nièce. Les passages dehors ont été vite faits, de la mairie à l'église. Dans l'église, il faisait bon, et à la sortie, on n'est pas resté longtemps. Vite la salle pour le vin d'honneur. Et puis nous avons rejoint la grande salle dans une commune voisine. Tout a été parfait : l'ambiance, la déco, le repas, le bal. Je me suis sentie à peu près bien. Notre petit film a été apprécié. Le lendemain, finalement, nous sommes allés au repas, je n'aurais pas du écrire le post précédent. Ma belle soeur nous a dit de venir. Mais il faut savoir quand même qu'une partie de la famille n'a pas été invitée. J'ai l'impression qu'il n'y a que moi que ça gêne.
Lundi la fatigue se faisait vraiment ressentir et aussi le mal de gorge, oreilles, les microbes ont encore attaqué, moi et l'homme aussi. Je vais quand même au soir d'écriture. Mardi nous nous rendons à l'anniversaire d'un ami récemment retraité. C'est un repas le midi où la famille, amis, collègues sont regroupés. Nous nous sommes connus par d'autres personnes et nous avons fait pendant quelques années le réveillon du nouvel an ensemble. C'est une famille de musiciens et nous avons eu grand plaisir à les entendre jouer au cours de la soirée. Leurs deux fils jouent également, ce sont des passionnés. Il semble qu'il va consacrer son temps à la musique maintenant qu'il ne travaille plus. C'est beau, ça donne des bons moments aux gens, c'est généreux. Ces gens là sont d'une très grande gentillesse et je suis contente de les connaître même si on se voit peu.
Voilà que mon homme est parti chez le médecin tant il est mal, et moi doucement j'essaie de refaire surface. L'énergie est encore très absente.
Injuste
Un vent d'injustice souffle encore sur nous. Pas la peine d'en faire un fromage pourtant. Certains se réjouiraient, à lire beaucoup de blogs, de ne pas être invités. Pas nous. Nous sommes de mariage samedi à une nièce. Toute la famille y sera, certains participent financièrement, exemple mes enfants qui paieront leur repas et qui n'ont pas hésité une seconde à accepter l'offre. De surcroît, c'est nous qui leur paieront. Ils n'étaient invités que de dessert, on leur a donné la possibilité de venir toute la journée à cette condition. Cela nous était arrivé au mariage d'un de mes cousins et je n'avais pas trouvé à redire, bien au contraire. Nous, nous sommes tous les deux pour la journée samedi. Nous savions que le lendemain, il y aurait un retour comme on dit chez nous. Mais pas un mot pour nous. Aussi c'est une autre nièce (la soeur de la mariée) qui nous a dit qu'en fait tout le monde n'était pas invité pour le lendemain : seuls les gens qui habitent loin et les serveurs, et les tout proches des mariés. Ainsi mon mari verra ses 2 soeurs (qui en effet habitent loin) et leur famille invitées et nous resterons les seuls à ne pas y aller. Et ça se passera à deux pas de chez nous. Dans la famille de mon beau frère, la plupart habite par ici donc ils seront comme nous, exclus. Mais ce qui nous choque mon mari et moi, c'est que de notre famille à nous, nous serons la seule famille mise de côté. Mon mari est bien remonté de ce coup là. A force de prendre, on finit par se lasser. Comment sa soeur peut lui faire ça ? Vous direz que ce sont des bla bla ....... pas moi. Et la nièce qui nous dit comment ça se passait en est navrée également, mais ce n'est pas elle qui décide.
lundi soir
Hier soir, atelier. Série musique. Une nouvelle personne est là. 1ère consigne en scriptoclip : un premier son, on commence à écrire et puis de temps à autre un nouveau son que nous devons inclure dans notre texte selon notre perception. Intéressant. J'ai stressé, j'ai pensé que mon texte était nul. A l'arrivée, plutôt apprécié. Ensuite elle nous montre avec quoi elle faisait les sons. De mini instruments divers et variés. Ensuite, 2ème consigne et nous devons d'abord choisir notre mini instrument chacune. J'ai pris le petit djembé. Nous écrivons un texte selon ce qu'il nous inspire et dans ce texte nous devons écrire un rythme ou un son répété. J'ai écrit sur la danse. Lorsque nous devons nous lire, elle nous demande de nous servir en même temps de l'instrument, je suis stressée de nouveau, la personne avant moi a du mal. Pour moi, c'est pareil, je tape juste un peu avant de lire le texte. Incapable de faire autre chose. Pour les autres, c'est un peu mieux mais nous ne sommes pas très à l'aise. Elle dit que l'après midi, ils se sont bien lâchés et ont tellement ri. 3ème consigne, on doit écrire à partir d'un son que l'instrument donne, une petite comptine sans aucun vrai mot, juste des sonorités. Et là encore à la lecture, nous devons nous accompagner. Je suis mal à l'aise. Ce n'est pas grave. Mais je vois quand même que si peu peut me déstabiliser. Il faut coordonner lecture et musique, et la musique autant je l'aime, autant je ne sais pas en faire. Et là il faut oser. Je me rends compte que je redeviens petite fille à ne pas oser faire et devenir si timide. Il suffirait de se lâcher, de ne pas avoir peur d'être "peut être" assez ridicule.


